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22.08.2008

Immigration : Israël ne veut plus des falashas

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C’est un reportage diffusé sur TV5 qui nous apprend la situation conflictuelle entre les falashas, juifs d’Ethiopie, et les autorités israéliennes. Ces dernières ont décidé d’interdire l’immigration à ces populations désireuses de retrouver la terre promise.

La semaine dernière, les Falashas étaient plusieurs centaines à manifester dans les rues de Jérusalem, en signe de protestation contre la décision du gouvernement concernant le retour sur la terre promise des juifs éthiopiens.

Le gouvernement de Tel-Aviv a annoncé mercredi dernier qu’il mettait fin au programme d’immigration des juifs d’origine africaine (essentiellement éthiopienne). Cette décision ne respecte pas les quotas d’immigration arrêtés en 2003 et est fortement critiquée par certains mouvement sionistes. Ces derniers estiment à environ 80 000 le nombre d'éthiopiens d’origine juive, encore en Ethiopie, en attente de leur retour en terre promise.

Selon la loi juive, « personne ne peut priver un descendant d’Abraham de jouir du droit du retour sur la terre des ancêtres, le retour en Palestine, en terre promise. » Le Grand Rabbin avait été pourtant catégorique au sujet des juifs éthiopiens : « ils ont le sang du patriarche d’Abraham dans leurs veines. »

Appuyés par la communauté chrétienne, les mouvements sionistes ont qualifié de « crime envers le sionisme » la décision d’imposer une loi interdisant le retour à la terre sainte et ont demandé au gouvernement de ne pas appliquer cette mesure.

En d’autres thermes, la judéité des éthiopiens n’est plus reconnue par les élus israéliens. Rappelons que de nombreux falashas avaient déjà été rapatriés en Israël dans les années 1980 avec l’opération Moshe suivie de l’opération Salomon. Et que d'autres restent en attente de regagner leur terre sainte et de rejoindre leur famille déjà sur place.

19.07.2008

CHINE-JO • Les Noirs interdits de bistrot à Pékin

8cf78ad3124fb073b8c2e2698a71f30e.jpgA quelques semaines du lancement de la grand-messe olympique, la lutte contre les "fauteurs de troubles" potentiels s'amplifie. A Pékin, des propriétaires de bars viennent de recevoir l'ordre de ne plus servir les Noirs.

En contradiction avec le slogan officiel des Jeux – One World, One Dream –, les autorités chinoises préparent secrètement l'interdiction d'entrée dans les bars de la capitale aux Noirs et aux autres populations "socialement indésirables".

Les propriétaires de bars situés dans le centre de Pékin ont déclaré au quotidien South China Morning Post qu'ils avaient dû, sous la contrainte du Bureau de la sécurité publique, signer un document dans lequel ils promettaient de ne pas laisser entrer les Noirs dans leurs établissements.

"Des responsables du Bureau de la sécurité publique sont venus ces jours-ci, en civil, pour me demander de ne pas servir les Noirs et les Mongols", a déclaré au journaliste du South China Morning Post le copropriétaire d'un bar au style occidental qui a souhaité conserver l'anonymat. Selon les propriétaires de ce bar, les autorités de la capitale sévissent contre les Noirs et les Mongols afin de réprimer le trafic de drogue et la prostitution à la veille des Jeux.

Quelques mois auparavant, la police pékinoise avait lancé une opération d'envergure contre les Noirs, habitués des bars du district de Sanlitun, le quartier des expatriés de Pékin où se concentrent les bars occidentaux.

Le document qu'ont dû signer les tenanciers de bars de Sanlitun ne se limitait pas à l'interdiction de servir les Noirs ; ils devaient également promettre de suspendre, le temps des Jeux, certaines activités telles que la danse ou les concerts. Ils ont pu conserver des copies de ce document, à l'exception des pages concernant l'interdiction de servir les Noirs. Les autorités se méfieraient des accusations de racisme que pourrait déclencher la révélation de telles mesures.

Au cours des dernières décennies, la présence de Noirs dans les grandes villes du pays a suscité des réactions violentes de la part des Chinois. Régulièrement, des manifestations réunissant des centaines de milliers de personnes sont organisées pour protester contre la présence des étudiants africains. On reproche à ces derniers de sortir avec de jeunes Chinoises.

"Le gouvernement local tente de contrôler tous les aspects de ce que vont vivre les étrangers pendant les Jeux", a déclaré au South China Morning Post David Mitchell, un musicien de jazz résidant à Pékin, pour qui il devient de plus en plus difficile de trouver des lieux de concert dans la capitale. "Tout vise à créer l'impression d'une stabilité sociale, mais ils ne comprennent pas que cette impression de stabilité est précisément le préjugé, d'ailleurs infondé, que les étrangers ont sur la société chinoise, celui d'une société totalement contrôlée et qui n'a pas vraiment de vie culturelle".

Céline Allemand

13.07.2008

Décès de Rose Dieng-Kuntz, chercheuse à l’Inria et spécialiste en intelligence artificielle

86dfbc6595200d074097df45ae282746.jpgSpécialiste en intelligence artificielle, âgée de 52 ans, Rose Dieng-Kuntz, s’est éteinte le 30 juin dernier. Originaire du Sénégal, élève brillante du lycée Van Vollenhoven de Dakar, elle avait obtenu le 1er prix en mathématiques, en français et en latin au concours général sénégalais 1972, le 2ème prix en grec, et un baccalauréat scientifique avec mention très bien et les félicitations du jury.

Elle était devenue première femme africaine diplômée de l’école polytechnique où elle était entrée 1976, elle était aussi ingénieur de Télécom Paris, d'un DEA en intelligence artificielle et d'un doctorat sur la spécification du parallélisme. Elle avait commencé sa carrière au sein de la société Digital Equipment avant de rejoindre l’Inria (Institut national de Recherche en Informatique et en Automatique) en 1985 où elle était devenue directrice de recherche.

Ces dernières années, ces recherches portaient sur la gestion des connaissances et le web "sémantique". Interrogée par le Monde Informatique en 2006, elle avait déclaré que l’invention du web était l’invention high tech la plus importante des 25 dernières années car il avait permis l’adoption d’internet par le grand public, la diffusion des connaissances vers les particuliers et facilité les échanges à l’intérieur des entreprises et entre elles.

En 2005, Rose Dieng-Kuntz avait été désignée femme scientifique de l’année en France, en recevant le prix Irène Joliot-Curie récompensant des femmes scientifiques exceptionnelles. Puis en 2006, elle avait été faite chevalier de l’ordre national de la légion d’honneur.

Valérie Pecresse, ministre de l’enseignement supérieur a exprimé sa tristesse dans un communiqué et rendu hommage à Rose Dieng : "elle travaillait pour nous tous avec l'audace et la conscience de la scientifique exceptionnelle qu'elle était. La France et la science viennent de perdre un esprit visionnaire et un talent immense".

Dans un reportage réalisé à son sujet en 2005, Rose Dieng-Kuntz déclarait que du fait qu'elle ait remporté le concours général, il y avait énormément d'attente autour d'elle au Sénégal lorsqu'elle est arrivé en classe préparatoire en France : "quelque part, il y avait tout un peuple qui attendait que je sois digne de lui". Elle ajoutait aussi "qu'être femme, africaine, scientifique pouvait dans un certain contexte être difficile, mais donnait envie de se battre car on est un symbole".

Que la terre des ancêtres lui soit légère


Vous pouvez voir ci-dessous un reportage réalisé au sujet de Rose Dieng-Kuntz en 2005 par le ministère de l'enseignement supérieur et la fondation EADS pour la recherche.

Voir les témoignages au sujet de Rose Dieng http://www-sop.inria.fr/temoignages/Rose.Dieng/index.php/Accueil

Voir un article de l’Inria au sujet de Rose Dieng http://www.sophianet.com/internet_ntic/wtm_article48071.fr.htm