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13.07.2008

Décès de Rose Dieng-Kuntz, chercheuse à l’Inria et spécialiste en intelligence artificielle

86dfbc6595200d074097df45ae282746.jpgSpécialiste en intelligence artificielle, âgée de 52 ans, Rose Dieng-Kuntz, s’est éteinte le 30 juin dernier. Originaire du Sénégal, élève brillante du lycée Van Vollenhoven de Dakar, elle avait obtenu le 1er prix en mathématiques, en français et en latin au concours général sénégalais 1972, le 2ème prix en grec, et un baccalauréat scientifique avec mention très bien et les félicitations du jury.

Elle était devenue première femme africaine diplômée de l’école polytechnique où elle était entrée 1976, elle était aussi ingénieur de Télécom Paris, d'un DEA en intelligence artificielle et d'un doctorat sur la spécification du parallélisme. Elle avait commencé sa carrière au sein de la société Digital Equipment avant de rejoindre l’Inria (Institut national de Recherche en Informatique et en Automatique) en 1985 où elle était devenue directrice de recherche.

Ces dernières années, ces recherches portaient sur la gestion des connaissances et le web "sémantique". Interrogée par le Monde Informatique en 2006, elle avait déclaré que l’invention du web était l’invention high tech la plus importante des 25 dernières années car il avait permis l’adoption d’internet par le grand public, la diffusion des connaissances vers les particuliers et facilité les échanges à l’intérieur des entreprises et entre elles.

En 2005, Rose Dieng-Kuntz avait été désignée femme scientifique de l’année en France, en recevant le prix Irène Joliot-Curie récompensant des femmes scientifiques exceptionnelles. Puis en 2006, elle avait été faite chevalier de l’ordre national de la légion d’honneur.

Valérie Pecresse, ministre de l’enseignement supérieur a exprimé sa tristesse dans un communiqué et rendu hommage à Rose Dieng : "elle travaillait pour nous tous avec l'audace et la conscience de la scientifique exceptionnelle qu'elle était. La France et la science viennent de perdre un esprit visionnaire et un talent immense".

Dans un reportage réalisé à son sujet en 2005, Rose Dieng-Kuntz déclarait que du fait qu'elle ait remporté le concours général, il y avait énormément d'attente autour d'elle au Sénégal lorsqu'elle est arrivé en classe préparatoire en France : "quelque part, il y avait tout un peuple qui attendait que je sois digne de lui". Elle ajoutait aussi "qu'être femme, africaine, scientifique pouvait dans un certain contexte être difficile, mais donnait envie de se battre car on est un symbole".

Que la terre des ancêtres lui soit légère


Vous pouvez voir ci-dessous un reportage réalisé au sujet de Rose Dieng-Kuntz en 2005 par le ministère de l'enseignement supérieur et la fondation EADS pour la recherche.

Voir les témoignages au sujet de Rose Dieng http://www-sop.inria.fr/temoignages/Rose.Dieng/index.php/Accueil

Voir un article de l’Inria au sujet de Rose Dieng http://www.sophianet.com/internet_ntic/wtm_article48071.fr.htm

02.07.2008

Zimbabwe : "l'Occident peut aller se faire pendre" selon un proche de Mugabe

80aade7924806e6b3278976e159b4cc6.jpgIls peuvent aller se faire pendre un millier de fois. Ils n’ont aucune base pour donner leur avis sur la politique au Zimbabwe" a déclaré George Charamba, le porte-parole de Robert Mugabe, lequel a été fraîchement réintronisé à la tête du pays dimanche dernier. Le secrétaire général des Nations-Unies, Ban-Ki Moon, prônait lui une solution négociée, comme celle qu’avait trouvé Kofi Annan lors de la crise kenyane : "Les zimbabwéens devraient pouvoir bénéficier d’une liberté authentique" afin de "pouvoir choisir leurs dirigeants sans être intimidés" a-t-il dit ajoutant qu’il n’épargnerait pas ses efforts pour trouver une solution.

Quelques rares dirigeants africains avaient avant la conférence de l’Union Africaine à Charm El Cheikh demandé des sanctions sévères à l’encontre de Mugabe. Raila Odinga, le premier ministre kenyan, avait ainsi demandé que Mugabe soit exclu de l’Union Africaine jusqu’à ce qu’il permette la tenue d’une élection "libre et équitable".

George Charamba a minimisé les critiques d’Odinga en disant de ce dernier qu’il "avait les mains couvertes de sang africain (...) et que ce sang ne disparaîtrait pas quelque soit le niveau des abus qui se produisent au Zimbabwe". Selon Charamba, le droit de Mugabe d’être président provient du "peuple zimbabwéen qui s’est exprimé lors de cette élection de juin" (...) "Tout autre chose n’a pas de valeur matérielle et nous n’y prêterons pas attention".
Dans un contexte de médiations entreprises par l’Afrique du Sud, Charamba a néanmoins affirmé qu’il y avait "deux partis prêts à discuter" au Zimbabwe. "Nous parlons d’un parti au pouvoir qui a offert le dialogue à l’opposition" a-t-il ajouté.

Pendant ce temps, Washington a annoncé lundi qu’elle préparait un projet de sanctions contre le Zimbabwe et a incité l’Union Africaine à suivre ses propres observateurs qui avaient constaté au Zimbabwe que l’élection ne présentait pas les conditions pour un scrutin équitable. Mais les présidents africains, qui sont pour la plupart dans l’incapacité de donner des leçons au Zimbabwe, n’étant pas eux même des modèles de vertu en ce qui concerne l’exercice du pouvoir, ont prôné la formation d'un gouvernement "d'union nationale" sous l'égide de négociations menées par la SADC (Communauté des Etats d'Afrique Australe). Certains ont néanmoins apporté leur soutien au vieux Bob.

Omar Bongo (41 ans à la tête du Gabon !) a ainsi fait savoir : "il (Mugabe) a été élu, a prêté serment, et il est ici avec nous, donc il est président et nous ne pouvons pas lui demander plus. Il a organisé des élections et je pense qu’il a gagné". Le président gabonais a ajouté que les dirigeants africains ne laisseraient pas les gouvernements occidentaux leur dicter l'attitude à avoir au sujet du Zimbabwe : "Nous avons même reçu Mugabe comme un héros. Nous comprenons les attaques contre lui, mais ce n’est pas la façon dont ils (les occidentaux) devraient agir. Ce qu’ils ont fait est, selon nous, un peu maladroit et nous pensons qu’ils auraient pu nous consulter avant".

26.05.2008

Des milliers de Mozambicains fuient l'Afrique du Sud

6c6ae1aaf67b3e7058ccb17de71aa194.jpgDes dizaines de milliers d'immigrés, effrayés par les violences xénophobes, continuaient lundi à fuir l'Afrique du Sud ou à se regrouper dans des camps de fortune, bien que le président Thabo Mbeki ait tenté de calmer les esprits, trop tard selon les critiques.

Les violences à Johannesburg, épicentre des attaques qui ont fait au moins 50 morts et des centaines de blessés en deux semaines, semblaient s'atténuer, la police signalant seulement quelques incidents sporadiques.

"C'est très, très tranquille, à part quelques masures vides incendiées à Katlehong", un bidonville de la banlieue est de Johannesburg, a déclaré lundi matin à l'AFP Govindsamy Mariemuthoo, porte-parole de la province du Gauteng, où se trouve la capitale économique du pays.

"Nous faisons des patrouilles et surveillons la situation", a-t-il ajouté.

Plus de 35.000 immigrés ont toutefois déjà déserté les townships pour se réfugier sur des terrains vagues près de commissariats ou dans des centres sociaux, dans des conditions sanitaires préoccupantes en ce début d'hiver austral, marqué par des températures nocturnes voisines de zéro.

Des dizaines de milliers d'étrangers, dont plus de 26.000 Mozambicains, ont préféré rentrer dans leurs pays.

Le président Mbeki, très critiqué pour son absence du devant de la scène depuis le début des violences le 11 mai, s'est adressé pour la première fois à la Nation dimanche soir, condamnant les "actes honteux" qui ont "terni le nom du pays".

"Jamais depuis la naissance de notre démocratie nous n'avons vu une telle inhumanité", a-t-il continué, dénonçant des "meurtres commis de sang froid, des attaques brutales, des pillages".

Ces violences "contredisent tout ce que notre libération de l'apartheid représente", a-t-il dit dans ce message retransmis par les radios et télévisions du réseau public SABC.

"C'était un très bon discours, mais il intervient trop tard", a cependant estimé lundi un analyste de l'Institut sud-africain pour les relations entre les races, Sipho Seepe. "Le défi, ce n'est pas de condamner, mais de prendre des mesures immédiates quand il y a du grabuge dans le pays", a-t-il déclaré sur la radio publique SAFM.

Dans la journée, plusieurs ministres s'étaient rendus dans certains des énormes bidonvilles de la métropole sud-africaine pour tenter d'apaiser les tensions.

Le chef du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), Jacob Zuma, habituellement très populaire, a été hué à Springs, dans la banlieue est, par une foule en colère demandant que les étrangers quittent le pays et que le gouvernement améliore les conditions de vie dans les quartiers pauvres.

Nombre de Sud-Africains reprochent aux étrangers de prendre des emplois et de contribuer à la criminalité dans la première puissance économique du continent, où le chômage et la misère touchent toutefois quelque 40% de la population.

"Ce n'est pas en vous battant que vous résoudrez vos problèmes, vous ne ferez au contraire que les exacerber", a déclaré Zuma, favori pour la présidence de la République en 2009.

"Dites (aux dirigeants africains) de dire à leurs peuples de ne pas venir nous embêter dans notre pays! Ils se nourrissent sur la bête!", a lancé un jeune homme, soulevant un hurlement collectif d'approbation.

Des dizaines de milliers d'étrangers fuient l'Afrique du Sud. Plus de 26.000 Mozambicains ont déjà regagné leur pays, selon le directeur de l'Institut national de gestion des catastrophes, Joao Ribeiro.

Le gouvernement mozambicain a affrêté 19 autobus pour rapatrier ses ressortissants et ouvert trois centres de transit pour les accueillir.

Le président Armando Guebuza s'est rendu lundi dans celui de Belualane, à environ 20 km de Maputo, où il a appelé une centaine de rapatriés, à se réinstaller dans le pays et à y chercher un nouvel emploi.

Zimbabwe: Mugabe menace d'expulser l'ambassadeur américain

f6467377f6c50d2f5456ad476fa286a2.jpgLe président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a menacé dimanche, d'expulser l'ambassadeur américain, James McGee, qu'il accuse d'ingérence dans les affaires internes du pays. Le chef de l'Etat zimbabwéen, qui lançait officiellement dimanche sa campagne en direction du second tour de la présidentielle, prévu le 27 juin, a déclaré que l'ambassadeur américain apportait un soutien actif à l'opposition dans le but de le chasser du pouvoir.

Il y a deux semaines, le diplomate américain avait été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où une note de protestation lui avait été remise pour dénoncer son implication dans la politique locale.

“J'attends tout juste de voir s'il (McGee) va prendre de nouvelles initiatives malheureuses, il s'en ira alors. Je l'expulserai du pays”, a martelé le président Mugabe. “Les ambassadeurs sont censés agir conformément à certains principes. C'est le Zimbabwe, ce pays n'est pas une excroissance des Etats- unis”, a-t-il déclaré.

Les relations entre le Zimbabwe et les Etats-unis sont tendues depuis des années du fait des accusations de Washington contre le gouvernement du président Mugabe, qui violerait les droits de l'Homme et réprimerait les opposants politiques. Harare rejette ces allégations, accusant plutôt Washington de comploter pour chasser Mugabe du pouvoir afin de mettre un terme à sa réforme foncière.

source : Grioo.com

21.05.2008

le journaliste Moussa Kaka est en prison depuis neuf mois

d21e77f79aab7a71df5042812551c8b8.jpg« Moussa Kaka, Niamey, RFI ». Voilà une voix que l'on n’a pas entendu depuis bien longtemps, sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). Depuis que le journaliste a été arrêté en septembre 2007, et inculpé de « complicité de complot contre l'autorité de l'Etat », pour avoir eu des contacts avec les rebelles touareg. Incarcéré à la prison civile de Niamey, ce correspondant de RFI et de Reporters sans frontières (RSF) au Niger, par ailleurs directeur de la station indépendante Radio Saraouniya, encourt la prison à vie pour avoir fait son travail de journaliste. Puisqu'il ne peut plus parler de son pays, d'autres voix s'élèvent pour dénoncer les conditions arbitraires de son arrestation. Depuis neuf mois, la presse nigérienne et internationale, ainsi que les organisations de soutien, se mobilisent pour obtenir sa libération.

Le 15 mai, la Cour de cassation du Niger a rejeté le pourvoi formé par le journaliste, dans lequel il demandait l'invalidation des écoutes téléphoniques servant à l'accuser, ainsi que sa demande de libération provisoire. L'instruction a été renvoyée à son point de départ.

Retour sur les étapes d'une arrestation spectaculaire

Le 20 septembre 2007, aux environs de dix-huit heures, des policiers en civil interpellent Moussa Kaka dans les locaux de Radio Saraouniya, à Niamey. Le journaliste est conduit à la gendarmerie, son domicile perquisitionné et la police saisit le brouillon d'un reportage envoyé à RFI. À ce moment, aucun motif officiel n'est encore donné pour justifier cette arrestation, la loi nigérienne autorisant la gendarmerie à garder à vue un suspect pendant vingt-quatre heures avant de lui permettre de voir un avocat.

Quatre jours plus tard, Moussa est écroué à la prison civile de Niamey. Le parquet ne lui a toujours pas notifié le motif de son incarcération, comme la loi l'oblige, et il n'a pas été formellement inculpé au terme de sa garde à vue.

Le 26 septembre, Moussa comparaît devant le procureur. Il est inculpé de « complicité de complot contre l'autorité de l'État », sur la base d'un acte d'accusation principalement fondé sur des écoutes téléphoniques du journaliste. Écoutes dont l'accusation ne peut justifier de base légale. Il est accusé d'avoir eu des contacts réguliers avec la rébellion touarègue du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), et notamment avec l'un de ces chefs, Agali Alambo. En effet, depuis l'apparition de ce mouvement rebelle dans le nord du pays en février 2007, Moussa a largement rendu compte des affrontements meurtriers entre le MNJ et l'armée nigérienne, n'hésitant pas à donner la parole à ce chef touareg. Il a obtenu des interviews exclusives et des images de la situation sur le terrain. Adama Harouna, le procureur, lui reproche sa « connivence » avec les rebelles. Il encourt la prison à perpétuité.

Le journaliste nie et dénonce un coup monté. RSF parle d'un acte d'accusation « inconsistant et absurde », soulignant que tout ce qui peut être reproché à Moussa « entre dans le cadre normal de son métier de journaliste ». La presse nigérienne privée, RFI, Amnesty International et la plupart des organisations de défense de la liberté de la presse et des droits de l'homme se mobilisent pour réclamer sa remise en liberté, au moyen notamment d'un appel à signatures (moussa@rsf.org et liberezmoussa@rfi.org).

Fin novembre, le juge d’instruction chargé de l'affaire écarte les écoutes téléphoniques comme élément de preuve de la culpabilité de Moussa, mais le procureur fait appel de cette décision. Au cours de l’audience devant la Cour d'appel, en janvier 2008, les avocats du journaliste font valoir que les écoutes téléphoniques ont été réalisées de manière "secrète, clandestine et anonyme" et qu’elles n’entrent dans "aucun cadre légal".Ces conversations téléphoniques entre Moussa et Agali Alambo sont des échanges professionnels entre un journaliste et sa source. Le 12 février, les magistrats se prononcent : les écoutes versées au dossier sont recevables. La demande de remise en liberté est rejetée, et un autre juge d'instruction est nommé. Retour au point de départ.

Le 12 mars 2008, le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), l'organe de régulation des médias, ordonne la suspension de RFI en territoire nigérien, accusant la station d'avoir jeté un « discrédit » sur « les institutions de la République » lors de la journée de solidarité avec Moussa Kaka, deux jours plus tôt. Au cours de cette journée, le jingle « Moussa Kaka, Niamey, RFI » a été largement diffusé sur les ondes.

source: grioo.com

19.05.2008

Afrique du Sud: des milliers d'étrangers fuient les attaques racistes

e1005b6d0bcc0133526fab993f2830ac.jpgDes milliers d'immigrés, en particulier des Zimbabwéens, fuient leurs maisons dans les townships de Johannesburg après des attaques xénophobes qui ont gagné les quartiers pauvres du centre-ville, faisant au moins 22 morts depuis une semaine.

Des bandes de Sud-Africains écument les anciens ghettos noirs et zones défavorisées de la capitale économique du pays. Munis de machettes et d'armes à feu, ils ont tué et blessé des étrangers, les forçant à fuir leurs masures en flammes et en immolant même certains par le feu.

Cette violence xénophobe a débuté le 11 mai dans le bidonville d'Alexandra, où deux personnes ont été tuées, et s'est étendue à d'autres ce week-end.

"Une actualisation du bilan montre que 22 personnes ont été tuées depuis le début des violences la semaine dernière et 217 ont été arrêtées", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police, Govindsamy Mariemuthoo.

"La nuit dernière (dimanche à lundi) a été relativement calme comparée aux précédentes. Nous avons eu quelques incidents et un meurtre a été signalé à Alexandra", a ajouté M. Mariemuthoo.

A Reiger Park, dans la banlieue d'East Rand, la violence a cependant repris lundi, avec des habitants forcés de quitter leur maisons incendiées. Près d'une cabane, un homme gisait, en sang, marqué de brûlures.

Une épaisse fumée a recouvert la zone toute la journée et les hélicoptères de la police scrutaient les rues à la recherche de nouveaux corps.

Un autre corps a été découvert. "Il a été tailladé et brûlé", a dit un policier montant la garde auprès du cadavre, ajoutant qu'il s'agissait sans doute d'un Malawite.

Dimanche, un immigré est aussi mort brûlé: ses assaillants l'ont ficelé dans sa couverture avant d'y mettre le feu. L'image de cette torche humaine faisait la "Une" des journaux.

"Tout ça, c'est la faute des Zimbabwéens. Ils faut qu'ils s'en aillent", a lancé une Sud-Africaine déclarant s'appeler Noxolo.

Les violences ont déplacé des milliers d'étrangers, accusés par beaucoup de Sud-Africains de prendre des emplois et d'être responsables de la criminalité.

Des centaines de personnes se sont réfugiées dans les centres sociaux et les postes de police des zones touchées, principalement la partie mal famée du centre-ville et les bidonvilles de l'est.

"La nuit dernière, nous avons accueilli plus de 2.000 personnes", a dit Mxolisi Koom, bénévole au centre civique de Germiston, proche d'un bidonville dans l'East Rand, à environ 40 kilomètres (25 miles) du centre.

Dans le quartier central de Cleveland, où six victimes ont été comptabilisées dimanche matin, "c'est très tendu, il n'y a vraiment rien d'ouvert", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la police Cheryl Engelbrecht, précisant qu'au moins 300 personnes s'étaient réfugiées au commissariat.

La majorité des immigrants arrivés en Afrique du Sud ces dernières années sont des Zimbabwéens qui fuient la crise politico-économique de leur pays. Leur nombre est estimé à trois millions.

Le président sud-africain Thabo Mbeki et le chef du parti du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) Jacob Zuma ont condamné ces attaques.

Le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a pour sa part accusé lundi le gouvernement de "ne pas avoir pris convenablement en compte" la question de la xénophobie.

Le prix Nobel de la Paix Desmond Tutu a plaidé pour l'arrêt des violences.

"Je vous en prie arrêtez tout de suite ces violences", a déclaré l'ancien archevêque anglican du Cap. "Ce n'est pas une façon d'agir. Ce sont nos frères et nos soeurs. S'il vous plaît, s'il vous plaît, arrêtez."

Mgr Tutu a rappelé que pendant qu'ils luttaient contre le régime d'apartheid, des combattants sud-africains avaient été accueillis dans les pays voisins: "Nous ne pouvons les remercier en tuant leurs enfants. Nous ne pouvons déshonorer notre lutte par ces actes de violence".

09.05.2008

8 Mai 1945 : L’Algérie commémore le 63e anniversaire des massacres de Sétif et Guelma

Soixante trois années après ces massacres, l'ancienne puissance coloniale n'a toujours pas reconnu les crimes commis en son nom durant cette période même si un début de reconnaissance a été esquissé par des officiels français qui ont qualifié ces évènements de «tragédie inexcusable».

La responsabilité de la France de ses crimes coloniaux a été soulignée récemment par l'ambassadeur français en Algérie, Bernard Bajolet, qui a qualifié de «massacres» les atrocités commises contre le peuple algérien durant les sombres journées de mai 1945, principalement à Sétif, à Guelma et à Kherrata et leurs régions limitrophes.

M. Bajolet, qui s'exprimait devant des étudiants à Guelma, a reconnu que qui a marqué pour le monde (à) la fin du régime nazi (à) , dans cette ville.


Ce disant, le diplomate français a, selon des observateurs, franchi un pas supplémentaire dans ce que des historiens contemporains ont appelé «la guerre des mémoires». Son prédécesseur, en poste en Algérie, M. Hubert Colin de la Verdière, avait, lui, en février 2005, à Sétif, qualifié ces massacres, de «tragédie inexcusable» pour le colonialisme français.


D'autre part, M. Bajolet a soutenu que ces journées «ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d'une tache indélébile», assurant que son pays «n'entend plus les occulter» et que «le temps de la dénégation est terminé».

Les journées de mai 1945 avaient vu s'abattre sur les populations algériennes sans défense une féroce campagne de terreur d'Etat. Des massacres à grande échelle auxquels prirent part la marine et l'aviation française, avec des moyens lourds, avaient fait des dizaines de milliers de victimes qu'aucune comptabilité n'arrivera à dénombrer avec exactitude, même si la mémoire nationale a retenu le nombre symbolique de 45.000 morts.


Un nombre inconnu de corps de victimes innocentes de tout âge étaient jetés dans les fours à chaux près de Guelma, alors que des milliers d'autres étaient balancés dans des oueds et depuis des ravins pour être ensevelis incognito.


En réaction à la déclaration de l'ambassadeur français, la Fondation du 8-Mai 1945 a noté dans ses propos un «pas supplémentaire» qui est «franchi par l'Etat français dans la reconnaissance des crimes commis en son nom durant la période coloniale». C'est «une tentative d'assainir, par l'apaisement des esprits, les relations bilatérales qui nouent les deux pays et qui tendent avantageusement à les améliorer».


Pour sa part, l'historien français Benjamin Stora a estimé que «la France reconnaissait officiellement et pour la première fois sa responsabilité», arguant que «non seulement l'ambassadeur a qualifié les faits, en parlant de massacres, mais il a reconnu la très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière (ayant fait) des milliers de victimes innocentes».


Cette relative «évolution» dans la «décolonisation de l'histoire», à l'actif de l'ancien occupant, est cependant reléguée au second plan par cette nouvelle loi sur les archives privées relatives à la période coloniale, votée récemment par le Parlement français qui a prorogée de plusieurs décennies leur ouverture au public.

19.04.2008

L'Afrique pleure Aimé Césaire, qui a magnifié la négritude du continent

89b831cd46c348c18cce41fb0b8c9a20.jpg L'Afrique pleure Aimé Césaire, poète antillais et chantre de la négritude décédé jeudi, considéré par de nombreux intellectuels comme un "éveilleur de conscience" qui a contribué à rendre sa "dignité" à l'Homme noir, notamment dans sa lutte contre le colonialisme.

Mais des voix s'élèvent aussi pour regretter qu'il n'ait pas été distingué par un prix Nobel ou, à l'instar du "poète-président" sénégalais Léopold Sedar Senghor, autre patriarche de la négritude, par une entrée à l'Académie française.
Aimé Césaire, disparu à l'âge de 94 ans, est "l'homme qui a éveillé à la conscience de l'identité noire non seulement les Noirs de la diaspora mais, nous, les Noirs d'Afrique", a indiqué à l'AFP Cheikh Hamidou Kane, auteur d'un des monuments de la littérature africaine "L'aventure ambiguë".

"Il a été aussi +éveilleur de conscience+ en ce qui concerne le débat sur le colonialisme", a-t-il précisé.

Mais "je regrette qu'il n'ait pas été honoré, consacré, salué comme il le méritait au plan international", notamment avec "un prix Nobel, de la paix ou de la littérature" ou encore "honoré" en devenant membre de l'Académie française.

Aimé Césaire "a contribué à rendre à l'Homme noir sa fierté, a consacré toute sa vie à combattre pour la dignité de l'Homme noir et de tous les peuples opprimés en général", a de son côté déclaré à l'AFP l'écrivain sénégalais Hamidou Dia, un ami du poète antillais.

"Il a toujours voulu rester debout, il s'est toujours réclamé de l'Afrique, de ses ancêtres bambara", l'ethnie majoritaire au Mali, a-t-il ajouté.

source : beninInfo.com

Pour le président sénégalais Abdoulaye Wade, "c'est une catastrophe non seulement pour la Martinique, les Caraïbes, la France mais particulièrement pour l'Afrique et le monde noir".

"Car c'est par Césaire que nous avions été conscients du colonialisme, nous le récitions par coeur", a-t-il indiqué jeudi soir à quelques journalistes dont l'AFP.

"Cet homme a consacré sa vie à la lutte pour le peuple noir, à la lutte pour l'indépendance de l'Afrique, pour la promotion des valeurs de la négritude", a ajouté le chef de l'Etat, âgé de 81 ans.

"J'ai connu Césaire étudiant à Paris. Il y avait un congrès des écrivains à la Sorbonne. J'étais étudiant en mathématiques", s'est souvenu le chef de l'Etat.

"Après mon exposé, je suis sorti, Césaire était là. Il m'a pris par la main et il m'a beaucoup encouragé. Nous avons parlé un peu, il a parlé de l'Afrique".

"Pour nous, étudiants anti-colonialistes, notre référence était Césaire. C'était un grand homme qui a marqué son époque", a-t-il souligné.

"C'est avec une vive émotion que j'ai appris le décès de Monsieur Aimé Césaire", a pour sa part écrit le président ivoirien Laurent Gbagbo dans un télégramme à son homologue français Nicolas Sarkozy, saluant "avec le plus profond respect la mémoire de l'illustre poète et du grand homme politique français".

"Pour l'Afrique, le monde noir, la francophonie et notre humanité, un phare vient de s'éteindre", a-t-il conclu.


source : beninInfo.com

08.04.2008

Tchad : Ibni Oumar Mahamat Saleh serait en vie

Le fils de Ibni Oumar Mahamat Saleh assure que son père est en vie et qu’il est « détenu dans les geôles de la présidence de la république tchadienne à N’Djamena ». L’opposant tchadien a disparu le 3 février 2008, après que des rebelles ont tenté de renverser le président Idriss Deby Itno.

b5f866a568c3dba24340d2a198d94bc6.jpgL’opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu depuis le 3 février 2008 à N’Djamena, est toujours en vie, a déclaré mardi à Paris son fils Hicham Ibni Oumar Mahamat Saleh, lors d’un entretien accordé à la PANA.

« On est certain. Il est en vie », s’est exclamé le fils de l’opposant tchadien, en donnant des indications précises sur son lieu de détention.

« Dans le contexte tchadien, rien ne peut rester indéfiniment secret. Mon père est détenu dans les geôles de la présidence de la république tchadienne à N’Djamena », a assuré Hicham Ibni Oumar Mahamat Saleh qui poursuit des études de droit à Orléans, non loin de Paris.

Arrêté le 3 février par des membres présumés de la garde présidentielle, Ibni Oumar Mahamat Saleh n’a plus donné signe de vie, suscitant des interrogations de la classe politique tchadienne et de la communauté internationale sur son sort.

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, avait accepté de créer, à la suite de pressions internationales, une commission d’enquête pour faire la lumière sur « l’agression des rebelles venus du Soudan » et sur le sort des personnes disparues, dont Ibni Oumar Mahamat Saleh.

« Nous refusons cette commission d’enquête qui ne vise qu’à faire gagner du temps à Déby. Pour nous, la communauté internationale, particulièrement la France, doit exercer des pressions fortes sur Déby pour qu’il libère mon père », a dit Hicham Ibni Oumar Mahamat Saleh.

« Aucun dialogue politique franc ne sera possible sans la libération de mon père qui est une figure connue et respectée de l’opposition démocratique tchadienne », a-t-il estimé.



source: Afrik.com

31.03.2008

Arche de zoé ou Francafrique suite et fin

0c76162944838cf4fdf8d10891b340d8.jpgLes six Français de L'Arche de Zoé condamnés en décembre au Tchad pour avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants vers la France, ainsi qu'un intermédiaire tchadien, ont été graciés lundi par le président tchadien Idriss Deby Itno, selon deux décrets publiés à N'Djamena.

"Il est accordé une grâce présidentielle au six Français membres de L'Arche de Zoé", selon un premier décret signé par le chef de l'Etat.

Les six Français purgent en France, où ils ont été transférés après leur jugement, une peine de huit ans de prison.

Le second décret concerne le Tchadien Mahamat Dagot, un chef de quartier de Tiné, ville frontalière du Soudan, condamné à quatre ans de prison pour "complicité de tentative d'enlèvement d'enfants".

Dernière personne condamnée dans cette affaire, Souleïmane Ibrahim Adam, un Soudanais qui a servi d'intermédiaire dans la région tchadienne d'Adré, n'a pas été gracié "car il n'en a pas fait la demande", a déclaré à l'AFP le ministre tchadien de la Justice Albert Pahimi Padacké.

Ce dernier est "chargé de l'exécution et de l'application" des décrets.

Interrogé par l'AFP, le ministre a expliqué qu'il notifierait le texte concernant les six Français à la France via son ambassade à N'Djamena

"La France pourra ensuite les remettre enl liberté", a-t-il ajouté.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) tchadien avait donné vendredi un "avis favorable" à la demande de grâce.

Les six Français avaient été arrêtés le 25 octobre à Abéché, principale ville de l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à faire embarquer à bord d'un Boeing-757 les 103 enfants, présentés à tort comme des orphelins de la région soudanaise voisine du Darfour en guerre civile.

Ils avaient été condamnés le 26 décembre par la Cour criminelle de N'Djamena à huit ans de travaux forcés pour "tentative d'enlèvement d'enfants". Deux jours plus tard, ils étaient transférés en France, conformément à une convention bilatérale.

Leur seul espoir de libération rapide était une grâce du président Deby, qu'ils avaient sollicitée.

A peine sauvé, avec le soutien militaire de la France, d'une attaque rebelle qui a failli le renverser les 2 et 3 février, le chef de l'Etat tchadien s'était dit "prêt à pardonner" aux six condamnés français.

Le 6 mars, après avoir reçu la demande de grâce, Idriss Deby avait dit qu'elle interviendrait dans un délai d'un mois, tout en réclamant qu'une "solution" soit auparavant trouvée à la question financière.

Les huit condamnés ont en effet été condamnés à verser "solidairement" 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros) aux familles des 103 enfants, qui n'ont encore strictement rien reçu.

"La question financière n'est pas concernée par la grâce", a encore affirmé lundi le ministre tchadien de la Justice.

Malgré cette grâce, les membres de L'Arche de Zoé restent sous le coup d'une enquête française. Après leur rapatriement, Eric Breteau, sa compagne et assistante Emilie Lelouch, le médecin Philippe van Winkelberg et le logisticien Alain Péligat ont déjà été inculpés notamment d'"aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France".

L'infirmière Nadia Merimi et l'autre logisticien, Dominique Aubry, ont pour leur part été entendus avec le statut de témoin assisté.

N'DJAMENA (AFP) -