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31.03.2008

Arche de zoé ou Francafrique suite et fin

0c76162944838cf4fdf8d10891b340d8.jpgLes six Français de L'Arche de Zoé condamnés en décembre au Tchad pour avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants vers la France, ainsi qu'un intermédiaire tchadien, ont été graciés lundi par le président tchadien Idriss Deby Itno, selon deux décrets publiés à N'Djamena.

"Il est accordé une grâce présidentielle au six Français membres de L'Arche de Zoé", selon un premier décret signé par le chef de l'Etat.

Les six Français purgent en France, où ils ont été transférés après leur jugement, une peine de huit ans de prison.

Le second décret concerne le Tchadien Mahamat Dagot, un chef de quartier de Tiné, ville frontalière du Soudan, condamné à quatre ans de prison pour "complicité de tentative d'enlèvement d'enfants".

Dernière personne condamnée dans cette affaire, Souleïmane Ibrahim Adam, un Soudanais qui a servi d'intermédiaire dans la région tchadienne d'Adré, n'a pas été gracié "car il n'en a pas fait la demande", a déclaré à l'AFP le ministre tchadien de la Justice Albert Pahimi Padacké.

Ce dernier est "chargé de l'exécution et de l'application" des décrets.

Interrogé par l'AFP, le ministre a expliqué qu'il notifierait le texte concernant les six Français à la France via son ambassade à N'Djamena

"La France pourra ensuite les remettre enl liberté", a-t-il ajouté.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) tchadien avait donné vendredi un "avis favorable" à la demande de grâce.

Les six Français avaient été arrêtés le 25 octobre à Abéché, principale ville de l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à faire embarquer à bord d'un Boeing-757 les 103 enfants, présentés à tort comme des orphelins de la région soudanaise voisine du Darfour en guerre civile.

Ils avaient été condamnés le 26 décembre par la Cour criminelle de N'Djamena à huit ans de travaux forcés pour "tentative d'enlèvement d'enfants". Deux jours plus tard, ils étaient transférés en France, conformément à une convention bilatérale.

Leur seul espoir de libération rapide était une grâce du président Deby, qu'ils avaient sollicitée.

A peine sauvé, avec le soutien militaire de la France, d'une attaque rebelle qui a failli le renverser les 2 et 3 février, le chef de l'Etat tchadien s'était dit "prêt à pardonner" aux six condamnés français.

Le 6 mars, après avoir reçu la demande de grâce, Idriss Deby avait dit qu'elle interviendrait dans un délai d'un mois, tout en réclamant qu'une "solution" soit auparavant trouvée à la question financière.

Les huit condamnés ont en effet été condamnés à verser "solidairement" 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros) aux familles des 103 enfants, qui n'ont encore strictement rien reçu.

"La question financière n'est pas concernée par la grâce", a encore affirmé lundi le ministre tchadien de la Justice.

Malgré cette grâce, les membres de L'Arche de Zoé restent sous le coup d'une enquête française. Après leur rapatriement, Eric Breteau, sa compagne et assistante Emilie Lelouch, le médecin Philippe van Winkelberg et le logisticien Alain Péligat ont déjà été inculpés notamment d'"aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France".

L'infirmière Nadia Merimi et l'autre logisticien, Dominique Aubry, ont pour leur part été entendus avec le statut de témoin assisté.

N'DJAMENA (AFP) -

Pourquoi le système éducatif occidental est inapproprié pour les enfants d’origine africaine

Alors que nos enfants commencent une nouvelle année scolaire, je voudrais tenter d'expliquer à notre communauté, et en particulier aux jeunes parents pourquoi et comment l'enfant africain a été systématiquement mal instruit dans le monde occidental, ces 500 dernières années. Ceci, afin de comprendre les racines de certaines aberrations et comportements auto- destructeurs que l’on peut voir aujourd’hui dans notre communauté.C’est également dans le but d’aider les parents à prendre conscience du malaise actuel, afin qu’ils puissent offrir un avenir meilleur à leurs enfants et leur communauté. Il est impératif de ne plus laisser l'éducation des enfants dans les seules mains de l’éducation nationale occidentale. Il vaudrait mieux suivre le conseil de Malcolm X qui avait dit, il y a des années : « L’éducation de l'enfant noir commence quand la cloche sonne à l’école à 16 heures de l’après-midi» (cela variera d’un pays à l’autre selon l’heure de fermeture). Nous n'avons pas suivi son conseil, et aujourd'hui, notre jeunesse en subit les conséquences. La situation des enfants noirs tout autour de la planète s'est considérablement dégradée depuis l’époque de Malcolm X. Aujourd'hui, nous sommes obligés de suivre le conseil de Pr. Asa Hilliard, l’un des grands pédagogues africains décédé récemment, qui avait dit avant de nous quitter « L'éducation des peuples africains est une nécessité pressante. C'est une question de vie ou de mort. Nous ne devons plus permettre une nouvelle génération d’enfants n’ayant aucune identité et ignorant tout de l'Afrique. »

Le défunt professeur Amos Wilson, un des plus célèbres sociologues africains du 20ème siècle, a posé une question cruciale, que toute personne de notre communauté devrait se poser : « Quel est le but d'une éducation ? » Selon lui, beaucoup de noirs ont été formés pour penser que l’éducation « sert pour être embauché dans une entreprise occidentale cotée en bourse». Selon le Pr. Wilson, ils se trompent, parce que le but d’une éducation, c’est d’améliorer et de faire avancer les intérêts de sa propre communauté tout en assurant sa survie. Les Indiens, les Chinois, les juifs et d'autres groupes ont compris cela, puisqu’ils le font. Notre communauté a souvent tendance à les regarder, en s'émerveillant de leur cohésion, et en se demandant pourquoi la nôtre en revanche semble si désorganisée et si désunie. Pourtant, quand on étudie la civilisation africaine, nos ancêtres l'avaient clairement compris. Un proverbe africain dit "Pour élever un enfant, il faut un village entier." S'il fallait un village entier pour élever un enfant africain, c’était parce que nos ancêtres travaillaient comme un seul groupe et qu’ils avaient compris qu’en arrivant à l’âge adulte, l’enfant ferait, à son tour, tout pour favoriser les intérêts de son village. Nos ancêtres n'ont jamais laissé l'éducation de leurs enfants au hasard, parce que la cohésion de leur société était d'une importance primordiale.
lire la suite...

Ecrit par Hort corrigé par Harryet
September, 2007

28.03.2008

Barack Obama ou le candidat tiers mondiste.

03e2d271e0aba8304abef7f64412750e.jpg"Un candidat, américain du tiers-monde"
Voila comment titre le celèbre journal Le Monde.fr au sujet de la candidature de Barack Obama et comme l’écrit un lecteur de ce journal c’est " Un titre qui en dit long sur le degré de conditionnement de la presse et des journalistes. McCain, car blanc, est, par évidence, l’universalité ,l’homme de référence, les yeux par lesquels on voit le monde. Obama, car plus brun, est visiblement, l’alterité, un phénomène, un symbole, une minorité, le candidat noir. On aura tous beaucoup avancé quand on verra en lui la candidature d’un homme TOUT COURT. La route est longue."
Que rajouter de plus? Rien. Mais quel aveu sur le regard occidental porté sur les noirs d’ici et d’aileurs, quel aveu...
A lire pour apprecier....
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/...

27.03.2008

La peine de mort de Mumia Abu-Jamal annulée

a824596040af273243c9995461a897d5.jpgLa condamnation à la peine capitale de cette figure des Black Panters américains, emprisonné depuis 1981, a été annulée par une cour d'appel fédérale.
C'est une victoire symbolique pour tous les opposants à la peine de mort. Une cour d'appel fédérale a annulé jeudi la condamnation à mort de l'américain Mumia Abu-Jamal, 53 ans, dans le couloir de la mort depuis son procès en 1981.

Wesley Cook, de son vrai nom, journaliste de radio et militant des «Black Panters» américains, faisait figure de symbole pour tous les militants de l'abolition de la peine capitale. Condamné pour le meurtre d'un policier en 1981 à Philadelphie, il a toujours clamé son innocence.

Abu-Jamal aurait abattu l'officier Daniel Faulkner au cours d'une fusillade où lui-même a été blessé à la poitrine. Plusieurs incohérences ont été pointées par ses défenseurs, principalement une différence entre le calibre de l'arme que possédait Abu-Jamal et celui de la balle retrouvée dans la tête du policier.


Des jurés trompés en 1982

La justice fédérale américaine n'a pas remis en question le verdict de 1981. Au contraire, celui-ci est confirmé. Mais la cour d'appel a en revanche retenue une partie des critique des défenseurs d'Abu Jamal, qui dénonçaient un procès à charge dans lequel le juge aurait tout fait pour obtenir la condamnation du militant des Black Panters.

Les juges ont estimé que lors du procès de 1982, les instructions données aux jurés ont pu leur faire croire qu'ils devaient s'accorder à l'unanimité sur des circonstances atténuantes pouvant épargner au condamné la peine capitale, ce qui est faux. Pas tous d'accord sur le sujet et influencés par le procureur, qui leur avait dit que le condamné ferait appel, les jurés n'avaient pas accordé de circonstances atténuantes, entraînant la condamnation à mort de Mumia Abu Jamal.

Deux solutions s'offrent désormais à l'accusation. Soit ne rien faire, ce qui communierait automatiquement la peine d'Abu Jamal en réclusion criminelle à perpétuité, soit prendre le risque que de se présenter à nouveau devant un jury pour obtenir une nouvelle condamnation à mort.

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source: AFP/ lefigaro.fr

Plus de 15 milliards CFA de l’UE pour lutter contre les inondations à Cotonou

8027fd4bea89d17aaf6923a0274b34ae.jpgAPA-Cotonou (Bénin) L’Union européenne va débloquer 15,3 milliards de francs CFA (36.230.000 dollars) avant la fin de cette année pour lutter contre l’inondation de la ville de Cotonou, a appris APA mercredi de source officielle.
Selon cette source proche du ministère béninois des Travaux publics, ce fonds de l’Union européenne sera destiné à la réalisation des caniveaux servant de réceptacles des eaux de ruissellement.
De source proche de la municipalité de Cotonou, du fait de sa position en dessous du niveau de la mer, il faut plus de 250 milliards CFA (591.993.835 dollars) pour sauver la ville des effets dramatique des inondations qui frappent durement certains quartiers dès les premières pluies.
Interrogé par APA, Delphin Gandonou, géographe spécialisé en aménagement du territoire, a estimé que le phénomène des inondations qu’on observe à chaque saison pluvieuse à Cotonou, peut s’expliquer par le fait que la capitale économique béninoise est située dans une zone de forte dépression avec une côte d’environ 2,02 mètres en dessous de la mer.
« Le niveau de la ville de Cotonou est bas par rapport à celui de la mer », a-t-il expliqué, précisant que dans ce cas, l’eau de pluie a toute la facilité pour envahir la ville dès qu’il y aura le moindre débordement.
Pour ce géographe aménagiste, l’inondation de la ville pourrait s’expliquer également par le fait que la nappe phréatique est à fleur de sol.
« Avec une nappe phréatique affleurante (4 m de profondeur), la capacité d’infiltration de l’eau de pluie dans le sol demeure très faible », a-t-il expliqué.
MT/od/APA 26-03-2008

26.03.2008

Discours de Thomas SANKARA à Addis-Abeba, le 29 Juillet 1987

d5ce7fd4cb145b59b6203475de0a924e.jpgAu sujet du fonctionnement de l’OUA
C’est pourquoi je voudrais proposer, Monsieur le président, que nous établissions un barème de sanctions pour les chefs d’États qui ne répondent pas présents à l’appel. Faisons en sorte que par un ensemble de points de bonne conduite, ceux qui viennent régulièrement, comme nous par exemple, (rires de l’assistance et regard sage de Yasser Arafat) puissent être soutenus dans certains de leurs efforts. Exemple : les projets que nous soumettons à la BAD, la Banque africaine de développement doivent être affectés d’un coefficient d’africanité (applaudissements). Les moins africains seront pénalisés. Comme cela tout le monde viendra aux réunions ici...
Au sujet de la dette des pays africains
Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme . Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont ceux-là qui nous ont colonisés. Ce sont les mêmes qui géraient les États et les économies. Ce sont les colonisateurs qui endettaient l’Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins (regards approbateurs de Kenneth Kaunda et attentifs de Samora Machel).
Nous étions étrangers à cette dette, nous ne pouvons donc pas la payer.
La dette, c’est encore les néocolonialistes ou les colonisateurs qui se sont transformés en assistants techniques. En fait, nous devrions dire qui se sont transformés en assassins techniques. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des bailleurs de fonds, un terme que l’on emploie chaque jour comme s’il y avait des hommes dont le bâillement suffisait à créer le développement chez d’autres. Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés. On nous a présenté des montages financiers alléchants, des dossiers. Nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus. C’est-à-dire que l’on nous a amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.
Mais la dette, sous sa forme actuelle, contrôlée et dominée par l’impérialisme, est une reconquête savamment organisée, pour que l’Afrique, sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangères, faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser. On nous dit de rembourser la dette. Ce n’est pas une question morale, ce n’est point une question de ce prétendu honneur que de rembourser ou de ne pas rembourser.
Monsieur le président, nous avons écouté et applaudi le premier ministre de Norvège lorsqu’elle est intervenue ici même. Elle a dit, elle qui est européenne, que toute la dette ne peut pas être remboursée. Je voudrais simplement la compléter et dire que la dette ne peut pas être remboursée. La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également.
Ceux qui nous ont amenés...ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme dans un casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils ont perdu au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. Non, Monsieur le président, ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu. Et la vie continue. (Applaudissements)
Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé.
On parle du Plan Marshall qui a refait l’Europe économique. Mais l’on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l’Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacées, leurs stabilités étaient menacées.
Qui a sauvé l’Europe ? C’est l’Afrique.
On en parle très peu. On en parle si peu que nous ne pouvons, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous en avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.
La dette, c’est aussi la conséquence des affrontements. Et lorsque on nous parle aujourd’hui de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n’est pas venue de façon subite. La crise existe de tout temps et elle ira en s’aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leurs droits face aux exploiteurs. Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique. Il y a crise parce que face à ces richesses individuelles que l’on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos et dans les bas quartiers. Il y a crise parce que les peuples partout refusent d’être dans Soweto face à Johannesburg. Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoir financier à s’inquiéter.
On nous demande aujourd’hui d’être complices de la recherche d’un équilibre. Équilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Équilibre au détriment de nos masses populaires. Non ! Nous ne pouvons pas être complices. Non ; nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples. Nous ne pouvons pas les accompagner dans leurs démarches assassines.
Monsieur le président : Nous entendons parler de clubs, club de Rome, club de Paris, club de Partout. Nous entendons parler du groupe des cinq, des sept, du groupe des dix, peut-être du groupe des cent, que sais-je encore ? Il est normal que nous créons notre club et notre groupe. Faisons en sorte que dès aujourd’hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d’ou partira le souffle nouveau : Le Club d’Addis-Abeba.
Nous avons le devoir aujourd’hui de créer le front uni du Club d’Addis-Abeba contre la dette. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons dire aux autres, qu’en refusant de payer, nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse mais au contraire dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est. Du reste les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique. Mais Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe. Nous avons un ennemi commun. Donc notre club parti d’Addis-Abeba devra également dire aux uns et aux autres que la dette ne saura être payée. Quand nous disons que la dette ne saurait être payée ce n’est point que nous sommes contre la morale, la dignité, le respect de la parole. Nous estimons que nous n’avons pas la même morale que les autres. Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas la même morale.
La Bible, le Coran, ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité. Il faudra qu’il y ait deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran. (Applaudissements) Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle de dignité. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle du mérite de ceux qui paient et de perte de confiance vis-à-vis de ceux qui ne paieraient pas. Nous devons au contraire dire que c’est normal aujourd’hui. Nous devons au contraire reconnaître que les plus grands voleurs sont les plus riches. Un pauvre quand il vole ne commet qu’un larcin, une peccadille tout juste pour survivre et par nécessité. Les riches, ce sont eux qui volent le fisc, les douanes et qui exploitent les peuples.
Monsieur le président, ma proposition ne vise pas tout simplement à provoquer ou à faire du spectacle. Je voudrais dire ce que chacun de nous pense et souhaite. Qui ici ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ? Celui qui ne le souhaite pas, il peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la banque mondiale payer. Nous tous le souhaitons. (rires et applaudissements)
Ma proposition n’est pas non plus... Je ne voudrais pas qu’on prenne la proposition du Burkina Faso comme celle qui viendrait de la part de jeunes sans maturité, sans expérience. Je ne voudrais pas non plus qu’on pense qu’il n’y a que des révolutionnaires à parler de cette façon. Je voudrais qu’on admette simplement que c’est l’objectivité et l’obligation. Et je peux citer, dans les exemples de ceux qui ont dit de ne pas payer la dette, des révolutionnaires, comme des non révolutionnaires, des jeunes comme des vieux. Je citerai par exemple, Fidel Castro a déjà dit de ne pas payer, il n’a pas mon age, même s’il est révolutionnaire. Mais je pourrais citer également François Mitterrand qui a dit que les pays africains ne pouvaient pas payer, les pays pauvres ne peuvent pas payer. Je pourrais citer madame le premier ministre...je ne connais pas son age et je m’en voudrais de le lui demander. Mais...(rires) c’est un exemple. Je voudrais citer également Félix Houphouët Boigny, il n’a pas mon age. Cependant il a déclaré officiellement et publiquement, du moins pour ce qui concerne son pays, la Côte d’Ivoire ne peut pas payer. Or, la Côte d’ivoire est classée parmi les pays les plus aisés d’Afrique, au moins d’Afrique francophone. C’est pourquoi il est normal qu’elle paye plus, en contribution, ici (éclats de rires).
Mais, Monsieur le Président, ce n’est donc pas de la provocation. Je voudrais que très sagement vous nous offriez des solutions. Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer le dette, non pas dans un esprit belliqueux, belliciste, ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serais pas là à la prochaine conférence. Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai besoin, (applaudissements) avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement.
Et je voudrais terminer en disant que chaque fois qu’un pays africain achète une arme, c’est contre un Africain.
Ce n’est pas contre un Européen, ce n’est pas contre un Asiatique, c’est contre un Africain. Par conséquent nous devons également dans la lancée de la résolution de la question de la dette trouver une solution au problème de l’armement. Je suis militaire et je porte une arme. Mais Monsieur le président, je voudrais que nous nous désarmions. Parce que moi je porte l’unique arme que je possède, d’autres ont camouflé les armes qu’ils ont. (rires et applaudissement)
Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pourrons également utiliser ses immenses potentialités pour développer l’Afrique parce que notre sol et notre sous-sol sont riches. Nous avons suffisamment de bras et nous avons un marché immense, très vaste du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Nous avons suffisamment de capacité intellectuelle pour créer ou tout au moins prendre la technologie et la science partout où nous pourrons les trouver.
Monsieur le président, faisons en sorte que nous mettions au point ce front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Faisons en sorte que ce soit à partir d’Addis-Abeba que nous décidions de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres. Les gourdins et les coutelas que nous achetons sont inutiles. Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains : produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l’importer. Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade, produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso pour habiller les Burkinabé. Ma délégation et moi-même, nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne de l’Europe ou de l’Amérique. (applaudissements) Je ne fais pas un défilé de mode mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain. C’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne .

Je vous remercie, Monsieur le président.

La patrie ou la mort, nous vaincrons. (applaudissements nourris)
http://www.dailymotion.com/relevance/search/sankara/video...

Benin: Intervention malheureuse du maire de Cotonou sur RFI Nicéphore Soglo

81f34266469035670e1a3832f51518b9.jpgLes déclarations du maire de Cotonou, Nicéphore Soglo le 20 mars dernier sur RFI, continuent de susciter ahurissement et colère de la part de la grande majorité des Béninois.
Ces derniers qui n’ont pas apprécié les critiques acerbes portées par Nicéphore Soglo contre le processus démocratique actuellement en cours au Bénin estiment légitimement que l’ancien président de la République a foulé au pied toutes les règles de sagesse et de bonne conduite qui devraient être celles d’un homme d’Etat de son rang.
Quelle mouche a bien pu piquer Nicéphore Soglo pour qu’il se lance dans des déclarations aussi mal placées sur l’état du processus démocratique en cours au Bénin depuis l’historique conférence des forces vives de la nation de février 1990 ?
C’est bien la question à laquelle tentent de répondre la grande majorité des Béninois depuis que le 20 mars dernier, le maire de Cotonou a fait une intervention malheureuse sur RFI.
Si dans un premier temps la consternation a été la première réaction enregistrée chez la plupart des Béninois, celle-ci a automatiquement fait place à une sainte colère contre le maire de Cotonou.
C’est ce qui transparaît dans les réactions qui sont enregistrées depuis lors à travers toutes les couches de la population béninoise.
C’est ainsi que très peu de Béninois acceptent aujourd’hui que Nicéphore Soglo qui a été le premier président élu de l’ère du démocratique au Bénin en 1991 puisse discréditer comme il l’a fait sur RFI la démocratie béninoise. Surtout qu’à l’image du président Boni Yayi aujourd’hui, il a bénéficié du soutien populaire et n’a perdu ce soutien que suite à ses tentatives d’imposer à ses partenaires d’alors ses choix politiques.
Les Béninois se souviennent aujourd’hui encore qu’après avoir échoué dans sa tentative d’imposer le bâtonnier Kèkè comme président de l’Assemblée nationale, Nicéphore Soglo avait tenté de faire destituer Me Adrien Houngbédji sur qui toutes les forces politiques qui soutenaient à l’époque son action avaient porté leur choix.
Et que dire, rappellent d’autres encore, de ses manœuvres pour ne pas installer la Cour constitutionnelle. En somme, soutiennent les Béninois à l’époque personne n’avait profité d’une chaîne internationale pour déclarer que la démocratie béninoise était en danger.
L’amertume et la colère des Béninois après les déclarations de Nicéphore Soglo sur RFI se mesurent amplement à l’aune des répliques cinglantes qu’il a essuyées non seulement de la part du secrétaire général du gouvernement mais également de la part des cadres et leaders de la ville de Porto-Novo et de l’ancien ministre Amos Elègbè.
Pour certains Béninois, Nicéphore Soglo a manqué au devoir de sagesse qui est le sien compte tenu de sa position sur l’échiquier politique national.
Mieux, pour d’autres au lieu de s’accrocher à la mairie de Cotonou et de verser dans des déclarations qui ternissent dangereusement l’image du Bénin, Nicéphore Soglo devrait prendre exemple sur Abdou Diouf du Sénégal, Nelson Mandela d’Afrique du Sud ou encore son ami Alpha Oumar Konaré du Mali qui, après avoir quitté le pouvoir ont choisi les institutions internationales pour faire valoir leur compétence ou se sont carrément mis en position de retrait apportant leur soutien au développement de leurs nations respectives par des conseils avisés.
Crépin BOSSOU

Maggy,l'Ange du Burundi

Tutsi du Burundi, Marguerite Barankitse poursuit sa croisade contre la haine aux quatre coins du monde. Avec son ONG, la Maison Shalom, elle a recueilli près de 10 000 orphelins victimes des massacres inter-ethniques depuis 1993. Grâce à sa renommée internationale, elle a bâti un nouvel hôpital au Burundi. Marguerite l’anarchiste met toute sa volonté au service de l’humanité. Portrait d’une femme courage qui ne s’arrêtera jamais de donner.
a5f11adcf630083c95470b09ca938f69.jpgBruxelles, novembre 2007. Cinq-cent costumes sombres. Cinq-cent spécialistes « internationaux » de la gestion des conflits. Au milieu de cette foule d'invités très monochrome, un boubou africain aux couleurs châtoyantes. Marguerite Barankitsé attire tous les regards : sourire éclatant, le port droit, l'œil volontaire. À 56 ans, elle a l'air d'en avoir 10 de moins. Comme si le temps, les guerres, les luttes fratricides n'avaient pas de prise sur celle qu'on surnomme aujourd'hui« la femme aux dix mille enfants ». Au sein de cette assemblée, on ne voit qu'elle, on n'entend qu'elle. Pas seulement ses éclats de rire, mais aussi son discours simple, captivant, déroutant presque...
Lorsqu’elle prend la parole, même les auditeurs assoupis ouvrent un oeil curieux. Son intervention contraste avec ces longs monologues conceptuels sur des modèles théoriques sensés révolutionner le mode de gestion des conflits. Elle est la seule à parler vraiment des conflits, de leur réalité telle qu'elle est vécue sur le terrain. La seule à reconnaître qu'il n'y a pas de remèdes miracles. « Heureusement l'amour est inventif », lance-t-elle à une salle un peu interloquée. Vingt minutes lui suffiront pour conquérir son auditoire.

À la sortie, elle avoue : « je n'ai rien compris. Ils utilisent le vocabulaire onusien, le langage des grands, et moi je ne me retrouve pas très bien. Je crois que je suis une anarchiste », conclut-elle avant de rire à nouveau. « Je mets du désordre partout, que ce soit à l'Unicef ou dans ce type de réunion. Pour moi la vie est une fête, elle doit être célébrée. On ne peut pas tous nous mettre dans des tiroirs ». Marguerite l'anarchiste, comme elle se surnomme elle-même, est pourtant invitée partout. Elle accumule les prix et distinctions, sans compter d'importantes sommes d'argent, d'organismes privés et publics. Grâce à ces financements, elle a pu réaliser son rêve en janvier dernier : ouvrir un hôpital flambant neuf au Burundi, son pays d'origine, là où tout a commencé.


« Réparer les pots cassés »
Difficile de percer toute l'horreur d'une guerre derrière ce sourire amusé. Il ne la quitte pas, même lorsqu'elle narre les épisodes les plus sanglants d'un conflit fratricide qui a déchiré sa terre natale. « Ce n'est pas en 1993 que les Hutus et les Tutsis ont commencé à s'entretuer. Les massacres ont débuté en 1961, à la veille de l'indépendance ». Marguerite Barankisté n'a alors que 5 ans. Régulièrement de nouveaux affrontements éclatent. Fille d'une famille de Tutsis privilégiés, elle est relativement épargnée. En 1979, elle devient enseignante. Pour les siens son destin est tracé : membre de la fonction publique, il ne lui reste plus qu'à sceller une union utile au sein de son « clan » et pérenniser sa race, celle d'une caste d'élites.
Mais Marguerite Barankisté ne l'entend pas de cette oreille. Sa foi profonde – qui lui donne à certains moment des airs de prédicatrice un peu illuminée – l'aide à résister, à défier, à elle seule, l'indifférence générale : « Devant l'horreur, je devais agir, commencer à réparer les pots cassés par mes frères ». C'est dans ce contexte déjà explosif qu'elle décide d'adopter Chloé, une orpheline dont les parents ont été sauvagement assasinés. « Fille de Hutus, une protestante du sud », précise-t-elle. Sa famille ne comprend pas. Ils veulent la marier, elle refuse. La fonction publique veut la révoquer, elle porte plainte. « Soi disant, je n'avais pas les qualités requises. Mais j'ai gagné mon procès et après j'ai posé mes conditions : je ne retourne pas dans vos écoles où l'on n'enseigne qu'à une catégorie d'enfants. Finalement j'étais rebelle partout et, à la veille de la guerre en 1993, je me suis retrouvée seule, mère de quatre enfants hutus, et de trois tutsis ».
Lorsque les conflits se généralisent - après des élections qui portent, pour la première fois, les Hutus au pouvoir - les Tutsis sont pris pour cibles et elle perd, en quelques jours, 60 personnes de sa famille. Décidée à fuir en Tanzanie, elle est freinée par un de ses oncles qui la met garde : « Avec tes enfants hutus, nous ne pourrons pas te protéger, m'a t-il-dit. Et quand j'ai pensé m'exiler avec les Hutus, on m'a fait comprendre que j'étais trop marquée, que mes 3 enfants tutsis posaient un problème ». Elle reste donc au Burundi et prend refuge à l'évêché, « un lieu neutre », où elle devient responsable de projets.

Le répit sera de courte durée. La guerre la rattrape le 24 octobre 1993, « c'était un dimanche » se souvient-elle, le jour qui changea définitivement le cours de sa vie. « Ils sont arrivés nombreux, armés de pierres, de machettes, de bambous. Que des Tutsis rescapés des massacres. Je reconnais même des membres de ma famille. Ils réclamaient vengeance, je n'ai rien pu faire. Ils m'ont déshabillé, ligoté, et, devant mes yeux, ont massacré près des 70 Hutus qui s'étaient réfugiés ici. En échange d'argent, 11 000 dollars des caisses de l'évêché, j'ai convaincu des jeunes de me libérer et j'ai pu cacher 25 enfants dans les chasubles des prêtres. Pour leurs parents, je n'ai rien pu faire, je n'ai rien pu faire ». Répète-t-elle, une fois, deux fois, comme pour conjurer le sort. Après ce drame, Marguerite Barankitsé se retrouve seule à nouveau, responsable d'une trentaine d'orphelins. « C'est là que j'ai pensé : c'est l'heure, l'heure de défier la spirale de la haine, de reconstruire une nouvelle génération capable de vivre ensemble sur une même terre ».


« L'amour est inventif »
En 1994, elle récupère un local prêté par l'évêché et crée une ONG que les enfants eux-mêmes baptiseront maison Shalom, qui signifie maison de la paix. Grâce à la solidarité locale et bientôt internationale, Maggy parvient à récolter les vivres nécessaires pour faire vivre sa famille adoptive. Mais les conflits redoublent et d'autres enfants affamés, blessés, violés rejoignent bientôt l'association. La solidarité s'organise. Les grands s'occupent des plus petits. Ensemble ils cultivent la terre pour nourrir la communauté, sans distinctions d'ethnies ou de religions. O'Ma (qui veut dire grand-mère en allemand), comme la surnomment les enfants, lance aussi d'autres activités génératrices de revenus : elle crée une « guest house » et un restaurant dont la gestion est assurée par les orphelins, un centre agro-pastorale, un moulin à manioc, une boulangerie, un atelier de couture.
Le système D fonctionne. Des adultes bénévoles se greffent bientôt à la petite communauté. Des psychologues secondent Marguerite Barankitsé lorsqu'il s'agit de panser les blessures de l'âme : « arracher la haine en soi, regarder l'autre avec amour ».

Son moteur? Une phrase devenue pour elle un credo : « l'amour est inventif ». La formule est simple, efficace et dans un pays déchiré par la guerre, la fin justifie les moyens. « J'ai volé les rideaux de l'évêché, les drapeaux de l'Unicef, les nappes d'autel à la sachristie pour fabriquer des habits, des pansements ». Maggy ne doute pas. Elle n'a peur de rien, ni de personne. Elle avoue pourtant un passage à vide en 1996, qui aurait pu avoir raison d'elle mais qui a finalement renforcé son engagement. « C'était en septembre, je me souviens avoir enterré trois bébés en une seule journée. D'autres mouraient du sida, leurs mères étaient malades. J'étais sans voix, je me sentais trahie par mes frères, rejetée par les Tutsis qui me voyaient comme une traître, les Hutus comme une espionne. Les catholiques qui m'avaient accueillie commençait à me trouver dérangeante, la presse me décrivait comme une folle et l'Unicef me reprochait de ne pas avoir de plans d'action. C'est le regard des enfants qui m'a donné la force de continuer, d'aller plus loin encore. L'idée de bâtir une maternité puis un hôpital m'est venue ce jour là, le 15 septembre 1996 ». Le projet en tête, Maggy prend son bâton de pélerin et va frapper à toutes les portes, de son pays à New-York en passant par Bruxelles, Genève ou Rome. La stratégie porte ses fruits. Elle reçoit, en 2005, 100 000 dollars du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR). En Belgique, une fondation lui lègue un million d'euros; en Italie une banque privée s'engage à lui payer, pendant trois ans, le salaire de douze infirmières.

En douze années seulement, Marguerite Barankitsé a pu concrétiser son rêve. Depuis janvier dernier, l'hôpital Rema – avec ses 100 lits, ses 120 employés, son laboratoire, sa maternité – se dresse fièrement dans la province de Ruyigi, sans doute la plus touchée par la guerre. La maison Shalom poursuit ses missions visant à la réunification des familles, à la réinsertion des orphelins et des réfugiés. 20 000 enfants et jeunes bénéficient, directement ou indirectement, de ses activités. Et à chaque personne qui passe, Maggy répète – inlassablement mais toujours avec la même foi, le même sourire : « Ayez l'audace de rêver. Comme disait Saint-Exupéry, à chacun de nos rêves nous faisons avancer l'humanité ».

Kattalin Landaburu

L'armée et les troupes de l'UA dans la capitale d'Anjouan, Bacar localisé

afb7140e825c2cf1c08f87a20df939af.jpgCOMORES - 26 mars 2008 - AFP
Des tirs d'artillerie et de mitrailleuses lourdes étaient entendus mercredi matin dans l'île comorienne d'Anjouan, dont l'armée comorienne et les troupes de l'Union africaine (UA) ont investi la capitale mardi, pour chasser l'homme fort de l'île, Mohamed Bacar.

Mercredi, des tirs à l'arme lourde étaient entendus dans les environs de Ouali, localité située à trois kilomètres de la capitale Mutsamudu.

Un bateau armé d'un canon lourd de l'armée fédérale comorienne et des troupes mandatées par l'Union africaine (UA) se rapprochait de la côte devant Ouali pour participer au bombardement.

Selon des habitants, les tirs se concentrent sur la zone de Barakani, où se trouve la résidence privée du président d'Anjouan, Mohamed Bacar, contre lesquelles les forces comoriennes et les contigents africains ont lancé mardi à l'aube une offensive.

Le gouvernement fédéral comorien a affirmé mardi soir avoir pris le contrôle à Anjouan de la résidence du colonel Bacar, qui ne s'y trouvait pas au moment de l'assaut de l'armée comorienne et des troupes de l'UA.

Mardi soir, l'armée comorienne, soutenue par des troupes mandatées par l'UA, poursuivait son assaut contre des positions des forces de M. Bacar sur la route reliant la capitale Mutsamudu à la localité de Ouani (à environ 3 km), où se situent l'aéroport et le palais présidentiel.

Ces troupes comoriennes et tanzaniennes ont pris le contrôle d'un camp de gendarmerie mobile d'Anjouan situé sur cette route côtière.

Les troupes ont découvert une vingtaine d'armes à l'intérieur du camp, surnommé le Pentagone par les habitants. Ces fusils d'assaut et ces lance-roquettes avaient été visiblement abandonnés par des gendarmes anjouanais qui se sont réfugiés dans les collines avoisinantes.

Des forces du colonel Bacar étaient visibles sur cette route et ont opposé de la résistance lors de combats dans le village de Barakani, près de Ouani, où se trouve la résidence privée de M. Bacar.

Par ailleurs, le porte-parole de l'Armée nationale de développement (AND) comorienne, Ahmed Sidi, a affirmé par téléphone que Bacar avait "été localisé".

Mais M. Sidi n'était pas en mesure de dire si M. Bacar avait ou non été arrêté. M. Bacar est président d'Anjouan depuis mars 2002, mais sa réélection en juin 2007 a été rejetée par l'Union des Comores et l'UA.

L'AND, soutenue par des troupes mandatées par l'UA, a lancé mardi à l'aube une opération militaire baptisée "Démocratie aux Comores" visant à chasser du pouvoir les autorités d'Anjouan, jugées illégales.

Plus de 1.000 militaires tanzaniens et soudanais mandatées par l'UA pour appuyer l'opération décidée par le gouvernement de l'Union, avaient été rassemblés sur l'île de Mohéli, la plus proche d'Anjouan.

Après leur débarquement à Anjouan à l'aube mardi, l'armée comorienne et les troupes africaines sont entrées sans grande résistance à Mutsamudu, accueillies dans la joie par une majorité d'habitants.

Plusieurs proches de M. Bacar ont en outre été arrêtés au premier jour de cette intervention, a indiqué à l'AFP le porte-parole du gouvernement comorien, Abdourahim Said Bakar.

L'un des responsables de la gendarmerie d'Anjouan, Said Ibn Toyb, a été interpellé, ainsi que le "major Moilo", également membre des Forces de gendarmerie anjouanaises (FGA) et un homme d'affaires proche de M. Bacar, Abdoulkarim Mohamed, a affirmé M. Said Bakar.

Une source militaire ayant requis l'anonymat a rapporté l'arrestation par l'armée du ministre de la Justice d'Anjouan, Abdallah Bacar Combo.

Plus tôt mardi, le ministre de la Défense comorien, Mohamed Bacar Dossar, avait affirmé que son armée et les troupes de l'UA "contrôlent le port (situé à Mutsamudu) et l'aéroport" d'Anjouan.

Les troupes "ont été bien accueillies par la population" dans une ambiance "de liesse générale", avait dit le ministre.

Un ancien ministre de M. Bacar, qui s'est depuis "exilé" à Moroni, Aboubekr Chahassou, a indiqué à l'AFP que M. Bacar "n'a pas utilisé toutes ses capacités de nuissance jusqu'ici. Il a des armes qu'il n'a pas utilisées jusqu'ici".

Le colonel Bacar avait pris le pouvoir à Anjouan lors d'un coup d'Etat en 2001. Il avait ensuite été élu président d'Anjouan le 31 mars 2002.

Des tirs d'artillerie et de mitrailleuses lourdes étaient entendus mercredi matin dans l'île comorienne d'Anjouan, dont l'armée comorienne et les troupes de l'Union africaine (UA) ont investi la capitale mardi, pour chasser l'homme fort de l'île, Mohamed Bacar.

Mardi soir, l'armée comorienne, soutenue par des troupes mandatées par l'UA, poursuivait son assaut contre des positions des forces de M. Bacar sur la route reliant la capitale Mutsamudu à la localité de Ouani (à environ 3 km), où se situent l'aéroport et le palais présidentiel.

M. Bacar est président d'Anjouan depuis mars 2002, mais sa réélection en juin 2007 a été rejetée par l'Union des Comores et l'UA.

Plus tôt mardi, le ministre de la Défense comorien, Mohamed Bacar Dossar, avait affirmé que son armée et les troupes de l'UA "contrôlent le port (situé à Mutsamudu) et l'aéroport" d'Anjouan. Les troupes "ont été bien accueillies par la population" dans une ambiance "de liesse générale", avait dit le ministre.

Décès de Thierry Gilardi

2cfe76fa0b4d52a3a07f07c995c5ec49.jpgLe monde du football est en deuil. Mardi soir a été annoncé le décès de Thierry Gilardi. Le journaliste de TF1, commentateur auprès de Jean-Michel Larqué des matches de l'équipe de France, des rencontres de la Ligue des Champions et présentateur de Téléfoot est décédé des suites d'une crise cardiaque à l'âge de 49 ans. Vice-président du Stade Français, l'ancien journaliste de Canal + était également un grand passionné de rugby, commentant les matches de la dernière Coupe du monde.
http://www.dailymotion.com/video/x4ui9q_thierry-gilardi-e...

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