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29.04.2008
L'image très dégradée de la France en Afrique
Comme deux vieilles connaissances fatiguées l'une de l'autre, l'Afrique et la France ne se comprennent plus. Non seulement Paris perd pied sur le continent noir, mais son image se dégrade. Objet de débat depuis quelques années, cette réalité est désormais officiellement reconnue et préoccupe le sommet de l'Etat. Multiforme, le constat est dressé dans un ensemble de télégrammes rédigés à la demande du Quai d'Orsay à l'automne 2007 par 42 ambassadeurs en poste en Afrique, et dont Le Monde a pris connaissance. Pareil état des lieux tend à plaider en faveur de la "rupture" dans la politique de la France en Afrique promise par Nicolas Sarkozy. "Rupture" que des proches du président français semblent remettre en cause.
L'image de la France "oscille entre attirance et répulsion dans nos anciennes colonies, au gré du soutien politique ou des interventions, militaires notamment, dont ont fait l'objet ces pays", constate un télégramme de synthèse. "La France n'est plus la référence unique ni même primordiale en Afrique. Les Français ont du mal à l'admettre", ajoute un diplomate qui a participé à ce travail. A l'entendre, tout se passe comme si le temps s'était arrêté : les Africains "jugent la France à l'aune des travers du passé alors que Elf, c'est fini".
De leur côté, les Français ignorent que les Africains entrent dans la mondialisation "plus vite qu'on ne le croit" et sont désormais courtisés par tous les pays émergents (Chine, Inde, Brésil) et par les Etats-Unis. "Loin de la pensée misérabiliste, (...) les progrès accomplis par l'Afrique sont importants et largement sous-estimés par l'opinion et les observateurs", estime le document, élaboré pour tenter de remédier à l'effet désastreux produit par le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar en juillet 2007.
Le soutien apporté par Paris à des potentats africains est l'une des composantes de ce désamour. La présence de bases militaires "alimente le fantasme d'une France qui n'agit qu'au profit de gouvernements iniques et pour des causes opaques", alors que la situation dans les pays en question (Gabon, Cameroun, Tchad et Congo) est plutôt meilleure que dans d'anciennes colonies britanniques, estiment les responsables français, qui citent le Zimbabwe. "On nous reproche à la fois de trop intervenir et de lâcher l'Afrique. Quoi qu'on fasse, on a tort", résume l'un d'eux. La voracité prêtée à la France en matière d'exploitation des ressources naturelles pèse aussi. Là encore, l'idée selon laquelle Paris tire toutes les ficelles dans ses ex- colonies relève du leurre, assurent les diplomates, puisque les principaux intérêts français se situent en Afrique anglophone. Le Nigeria et l'Afrique du Sud concentrent la moitié des échanges français avec le continent. L'Afrique ne pèse d'ailleurs que pour 0,5 % dans le commerce extérieur de la France, contre 40 % en 1957.
Les Africains francophones ont "l'impression d'être délaissés, voire de ne pas être payés en retour par une France en repli (immigration, visas, réduction de l'aide, traitement des anciens combattants)", assènent encore les télégrammes, pointant "le risque réel que les jeunes générations se détournent de la France". L'ennui est que la France n'a plus les moyens de ses ambitions. Son immense réseau de coopérants a presque disparu et elle ne maîtrise qu'un tiers du volume de son aide, le reste se partageant entre la réduction de la dette et l'aide distribuée via l'Union européenne. En conséquence, les réalisations françaises sont mal identifiées et moins visibles que les immenses stades ou palais des congrès construits par les Chinois. Certaines ambassades vont jusqu'à plaider pour une dé-communautarisation des budgets.
Le dépit africain se nourrit aussi du rejet d'une France "donneuse de leçons", insistent les diplomates, qui constatent aujourd'hui les "dégâts durables" produits par l'affaire de L'Arche de Zoé.
Un fossé s'est ainsi creusé entre Français et Africains. Les premiers voient les seconds comme "des gens pauvres parce que corrompus, à qui la France doit dire ce qu'ils doivent faire". En miroir, domine en Afrique la vision d'"une France frileuse, doutant de ses intérêts, méfiante à l'égard de la jeunesse africaine". Ce décalage se double d'une identification nouvelle facilitée par Internet, le portable et le satellite : "Quand les banlieues françaises flambent, la jeunesse d'Afrique se sent maltraitée."
Confrontée à cet inquiétant tableau, la France dispose d'atouts, notamment de sa langue, qui fait l'objet d'une "terrible demande", et d'une "connaissance irremplaçable du terrain". Paris doit "avouer ses intérêts en Afrique", liés aux enjeux du développement, de la sécurité et de l'économie, et négocier avec "des partenaires à part entière". "Nous devons cesser de traiter les pays francophones comme "nos Africains"", résume un diplomate.
La modestie et la sobriété nouvelles du discours prononcé par le président Sarkozy au Cap (Afrique du Sud), le 28 février, résulte directement du constat dressé par les diplomates. Là où, à Dakar, M. Sarkozy avait multiplié les mises en garde péremptoires, il a affirmé au Cap que "les Africains en ont assez de recevoir des leçons de morale" et annoncé la révision des accords de défense avec les Etats africains. Ce nouveau discours a été largement inspiré par la cellule diplomatique de l'Elysée et le Quai d'Orsay, alors que celui de Dakar était né de la plume d'Henri Guaino, conseiller spécial de M. Sarkozy.
Mais la querelle d'influence à propos du bien-fondé d'un aggiornamento de la politique française en Afrique n'est pas close pour autant. Le remplacement de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, coupable d'avoir mis en cause la gouvernance du Gabon et du Congo, pays "amis de la France", avait déjà reflété un retour aux vieux réflexes. Le choix de Libreville (Gabon), le 10 avril, comme première destination africaine par son successeur, Alain Joyandet, le confirme. Le chef de cette délégation venue clore en grande pompe la fâcherie franco-gabonaise dans le bureau du président Bongo n'était autre que Claude Guéant. Le secrétaire général de l'Elysée a ainsi confirmé sa préférence pour une gestion nettement plus classique des affaires africaines.
Philippe Bernard
source: Lemonde.fr
18:05 Publié dans actus internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, afrique
28.04.2008
Elections municipales et locales au Bénin, le debut d'un fiasco annoncé
Ceux, des observateurs de la scène politique qui citaient le Bénin en exemple de laboratoire de démocratie en Afrique de l’Ouest, doivent déchanter aujourd’hui. En effet, à la lumière de l’organisation chaotique des élections municipales et locales couplées du 20 avril dernier, le Bénin, de champ de l’excellence en matière de démocratie, se mue brutalement, en champ de laideur.
Pire, des cas de fraudes excessives sont dénoncées dans certaines circonscriptions électorales, impliquant parfois des membres et même des responsables de la Commission électorale nationale autonome (CENA). Ceux-ci se trouvent pratiquement au même niveau d’information que les électeurs, c’est-à-dire ignorent tout de la nouvelle donne des élections couplées. Ainsi, les membres de la CENA sont-ils disqualifiés pour l’organisation de ces scrutins qui constituent, comme nous l’avions relevé dans ces mêmes colonnes, un défi démocratique pour le Bénin.
Le pouvoir est simplement en train de donner raison aux opposants qui criaient, avant la tenue des élections proprement dites, à la présence du loup dans la bergerie. Nicephore Soglo, le maire sortant de Cotonou, avait même comparé de façon très négative, le Bénin actuel au Togo de Feu le Général Eyadema.
Pour le Bénin et surtout pour Yayi Boni dont on avait apprécié dès le début, l’esprit de rigueur et de rationalité, c’est la cassure totale. Aujourd’hui, l’homme sert une image dégradante de son pays à la face du monde, une image qui colle plus aux vieux régimes essoufflés et en pleine dérive monarchisante. Pourtant, si le Bénin avait continué sur sa lancée des années 90, qui avait ouvert l’ère démocratique, il aurait poli davantage son label de phare de l’Afrique de l’Ouest.
source: grioo.com
20:19 Publié dans actus beninoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.04.2008
Le Bénin à l’abri de la famine grâce à une bonne production agricole
APA-Cotonou (Bénin)
Les productions vivrières, animale et halieutique enregistrées au Bénin, au cours de la campagne agricole 2007-2008, procurent des ressources globalement suffisantes pour mettre le pays à l’abri de la famine, selon le ministre béninois de l’Agriculture, de l’Elevage et de la pêche, Roger Dovonou.
«Le volume de la production agricole béninoise au cours de la campagne agricole 2007-2008 a connu un excédent de plus de 587 626 tonnes par rapport à la campagne précédente et avoisine 7 249 100 tonnes contre 6 662 374», a indiqué M Dovonou au cours d’un entretien avec APA.
Selon les données de la campagne agricole 2007-2008, cette hausse du volume de la production agricole est beaucoup plus accentuée au niveau des productions végétales et des cultures industrielles.
Selon un document du ministère béninois de l’agriculture, le volume de la production des racines et tubercules a augmenté de 9,33%, passant de 4 977 841 tonnes en 2006 à plus de 5 442124 tonnes en 2007 alors que la production des céréales et légumineuses a relativement baissé.
La production céréalière a diminué de 6,83%, passant de 1 095 505 tonnes en 2006 à 1 020 734 tonnes 2007 tandis que celles des légumineuses a connu une légère augmentation de 0,37% entre 2006 (223 664 tonnes) et 2007 (224 499 tonnes).
Pour ce qui est de la production maraîchère, elle a augmenté de 2%, passant de 303 154 tonnes en 2006 à 309 623 tonnes en 2007, poursuit le même document du ministère de l’agriculture, ajoutant que la production des cultures industrielles, notamment le Coton a augmenté de 12%, passant de 240 618 tonnes en 2006 à 268 054 tonnes en 2007.
Le ministère de l’agriculture a mis cette hausse de la production végétale en 2007 sur le compte notamment de l’augmentation des superficies des terres emblavées par les paysans béninois. Celles-ci ont augmenté de plus 707 745 hectares au cours de la campagne agricole 2007-2008, passant de 2 008 460 hectares en 2006 à 2 729 486 hectares en 2007.
En ce qui concerne la production animale, le ministère de l’agriculture a estimé les effectifs du cheptel national pour l’année 2007 à 1 857 000 bovins, 2 216 000 petits ruminants, 327 000 porcins, 14 445 000 volailles, 64 000 lapins et 52 000 aulacodes.
Ces effectifs auraient pu être plus importants si le cheptel national n’avait pas été menacé par la grippe aviaire de souche hautement pathogène et la résurgence de la peste porcine africaine avec 18 foyers enregistrés en 2007 contre 5 foyers en 2008.
Au niveau de la production halieutique, le ministère de l’agriculture a indiqué que celle-ci a enregistré une baisse de 5,6% entre 2006 (38 550 tonnes) et 2007 (36 386 tonnes).
Le ministre béninois de l’agriculture a encouragé les paysans du Bénin à poursuivre et à renforcer leurs actions afin de garantir à la population de notre pays, non seulement les productions vivrières, en quantité et en qualité, mais aussi les productions d’exportation pour l’amélioration des leurs revenus et l’accroissement des devises de l’Etat.
MT/lmm APA 19-04-2008
source: beninInfo.com
01:24 Publié dans actus beninoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Bénin à l’abri de la famine grâce à une bonne production agri
23.04.2008
Les policiers qui escortent les clandestins expulsés par avion bénéficient de "miles" de fidélité de la part des compagnies aériennes.
Les agents de police accompagnant les immigrés en situation irrégulière lors de leur expulsion par les airs bénéficient des "miles" accordés par les compagnies aériennes à leurs clients fidèles, a-t-on appris mercredi au ministère de l'Intérieur, confirmant une information du Canard enchaîné.
"Ce système n'est pas illégal", a-t-on souligné de même source, ajoutant qu'"avant même la parution de l'article, le ministère avait déjà envisagé de modifier sur ce point précis le prochain contrat" avec les transporteurs.
Sur quelque 23.000 expulsions par an, toutes ne se font pas en avion, et seul un tiers de celles réalisées par voie aérienne nécessite une escorte, de un à trois policiers, a-t-on précisé de même source, contestant les calculs du Canard enchaîné.
"A raison de 23.000 éloignements en 2007, selon le ministère de l'Intérieur, et sachant qu'en moyenne trois policiers accompagnent celui qui va être expulsé, voilà de quoi se constituer assez vite un joli stock de voyages gratuits sur le dos des clandestins", affirme le journal, qui cite des agents d'escale d'Air France à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
"Sans compter que de nombreux flics bénéficient, du coup, du statut "Gold", réservé aux hommes d'affaires qui voyagent régulièrement aux frais de leur entreprise", ajoute l'hebdomadaire.
Contactée par l'AFP, Air France, qui transporte l'immense majorité des immigrés expulsés par avion, s'est refusée à tout commentaire.
En juillet 2007, plusieurs syndicats d'Air France-KLM et le Réseau éducation sans frontières (RESF) avaient tenté en vain de convaincre direction et actionnaires de la compagnie de refuser "l'utilisation des avions du groupe" pour ces expulsions.
source:Libération. fr (avec AFP)
23:20 Publié dans actus internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Les policiers, qui escortent, les clandestins, expulsés, par avion bénéficient de "miles" de fidélité de la part des co
Un autre monde est possible
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22.04.2008
L’éloge des présidents africains dans les journaux de Bolloré
Pourquoi les journaux du groupe Bolloré écrivent-ils des articles élogieux sur des chefs d’État africains en oubliant dictatures et violations des droits de l’Homme ? « Bakchich » a posé la question à des journalistes du groupe du meilleur ami industriel de Nicolas Sarkozy…
Lagardère, Bouygues, Dassault, Arnaud, Bolloré : tous grands patrons français, et tous propriétaires de grands journaux français… Nos hommes d’affaires, nos bâtisseurs d’empires industriels seraient-ils pris au piège d’une nouvelle ambition : la rage d’informer ? D’enquêter ? D’éclairer le citoyen sur le monde ?
Jean-Luc Lagardère, qui avait la rare qualité de ne pas intervenir sur le contenu des journaux et médias de son groupe de presse, expliquait sans se cacher l’intérêt pour lui, homme d’affaires, à posséder des journaux : « Quand je demande rendez-vous à un ministre, il me reçoit dans les huit ou quinze jours qui suivent. Mais il suffit qu’on l’interviewe dans un studio d’Europe 1 pour que je puisse boire le café avec lui sans délai ! ». On comprend mieux.
Un outil pour fabriquer un président de la République
Francis Bouygues, Pierre Péan et Christophe Nick l’ont décrit dans leur bouquin L’Empire TF1, a été, lui, bien au-delà de cette petite ruse permettant de boire un petit noir avec ceux qui nous dirigent… Selon l’enquête des deux journalistes, la chaîne de télé a d’abord été conçue pour faire plaisir aux amis, le moyen de conquérir des marchés. Et, pourquoi pas, un outil pour fabriquer un futur président de la République.
Ce que Bouygues a tenté de faire avec Michel Noir mais a tourné au fiasco. LCI, l’autre chaîne de Bouygues, a elle été inventée pour remercier ou promouvoir les amis qui n’ont pas encore le niveau du 20 heures de TF1. Sur LCI on peut donc, sans choquer, présenter sous son meilleur jour un député qui monte, un expert qui dit les jolies choses qui conviennent. De la télé de proximité ! Et faute d’avoir inventé Sarko, Martin Bouygues est, lui, le parrain de Petit Louis, le dernier fils du président.
Vincent Bolloré, ce grand civilisateur de l’Afrique, a suivi le chemin de Bouygues. Ses médias, le journal gratuit Direct Matin ou sa chaîne de télé « Direct Huit » n’ont pas été lancés pour informer. Mais pour plaire aux amis. Ses médias sont une tête de gondole, un prix d’appel. Qu’un président africain, son client, débarque en France et il devient le héros de ses pages, de ses écrans. Pas grave que personne ne regarde ou ne lise, la vanité du client est comblée : il est passé à la télé !
Exemple ? Le 26 octobre 2007, le journal gratuit de Bolloré Matin-Plus, devenu récemment Direct Matin, couvrait d’une manière très particulière, unique, même, la visite à Paris du président camerounais Paul Biya, dont le pays ouvre grand les bras aux affaires de Vincent Bolloré. Pour découvrir comment, cliquez ici
Petite parenthèse pour finir d’illustrer l’usage que l’on peut faire d’un journal pour améliorer ses relations publiques avec des présidents africains. Quand je travaillais dans de grands journaux français que je ne citerai pas ici, j’ai vu des journalistes employés dans ces journaux mais qui pigeaient aussi chez Bolloré, se transformer pour ce dernier en attachés de presse. Ils essayaient de convaincre le titre pour lequel ils étaient payés au mois, de consacrer un sujet à l’immense Sassou Nguesso ou à l’incontournable Omar Bongo… Qui ne tente rien n’a rien.
source: bakchich
14:55 Publié dans actus internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, bolloré, cameroun
John Carlos : "C'était une erreur d'accorder les Jeux olympiques à la Chine"
La photo a fait le tour du monde. C'était il y a quarante ans, aux Jeux de Mexico. Avec son compatriote Tommie Smith, l'athlète noir américain John Carlos avait dressé un point ganté de noir vers le ciel sur le podium du 200m pour protester contre les discriminations raciales en cours dans son pays. A 62 ans, John Carlos n'a rien perdu de ses convictions.
Avant le passage de la flamme olympique à San Francisco, mercredi 9 avril, vous avez participé à un relais en défense des droits de l'homme. Pourquoi ?
J'ai participé à ce relais car je crois aux droits de l'homme. Le mérite de ces manifestations, à San Francisco, Paris ou Londres, est qu'elles permettent d'attirer l'attention de l'opinion sur les atrocités qui se passent au Tibet et au Darfour.
Pensez-vous qu'il faille arrêter le parcours de la flamme ?
Le parcours de flamme est devenu grotesque. Mais plus la flamme parcourt de pays, plus on donne au public la possibilité d'exprimer ses inquiétudes au sujet de la situation en Chine.
Estimez-vous que le Comité international olympique (CIO) a fait le bon choix en confiant les Jeux à Pékin ?
C'était une erreur d'accorder les Jeux olympiques à la Chine, en supposant qu'elle ferait des efforts en matière de droits de l'homme. Comment le CIO pouvait-il croire que ces promesses seraient tenues? Le CIO devrait choisir des pays qui méritent vraiment les Jeux. L'un des points principaux de la charte olympique est celui de la non-violence. Or comment peut-on parler de non-violence dans un environnement aussi violent? Le CIO aurait dû montrer un peu plus de fermeté envers le gouvernement chinois et exiger qu'il mette un terme aux hostilités contre les Tibétains avant de lui confier les Jeux. Il aurait dû regarder de plus près ce qui se passe au niveau des droits de l'homme et du citoyen en Chine au lieu de dire, maintenant que les Jeux arrivent : "Vous devriez mettre de l'ordre dans vos affaires."
Croyez-vous que des athlètes manifesteront à Pékin comme vous l'avez fait il y a quarante ans à Mexico ?
J'ignore s'il y aura un autre John Carlos ou un autre Tommie Smith. Ou, qui sait, un autre Mohammed Ali. C'est probable que quelqu'un osera faire une déclaration, mais ce n'est pas certain. C'est un choix très personnel. Les athlètes font beaucoup de sacrifices pour aller aux Jeux. Une fois sur le podium, ils ont la liberté de prendre leur propre décision, de faire ce que bon leur semble. Je ne me permets pas de donner des conseils. Simplement, chacun devrait faire ce qu'il pense devoir faire.
Le Comité olympique français vient d'interdire aux athlètes français d'arborer le badge "Pour un monde meilleur" pendant les Jeux.
Le CIO devrait clairement définir ce qui relève de l'ordre politique et de celui des droits de l'homme. A Mexico, j'ai porté pendant toute la durée des Jeux un badge sur lequel était inscrit : "Projet olympique pour les droits de l'homme". Et puis, cela a été transformé en message politique.

Peut-on établir un parallèle entre Pékin 2008 et Mexico 1968 ?
Effectivement. Mais ce parallèle ne concerne pas seulement les JO. En 1968, c'était la guerre du Vietnam, aujourd'hui, c'est en Irak. En 1968, il y avait Robert Kennedy, et aujourd'hui, nous avons Barack Obama. Et comme hier, nous sommes très inquiets de ce qui va se passer à la convention du Parti démocrate. En 1968, 350 personnes sont mortes à Mexico, assassinées [dix jours avant le début des JO]. Et c'était passé quasi inaperçu. Nous voilà, quarante ans plus tard, dans la même situation. Et les organisateurs des JO ne prennent pas cette situation au sérieux.
Êtes-vous favorable à un boycottage des Jeux ?
Je ne crois pas à un boycottage des JO. Car ce sont les athlètes qui en seront les victimes, blessés à vie à cause de leurs carrières brisées. Je me souviens de participants en 1968 qui, aujourd'hui encore, n'ont toujours pas surmonté la menace d'un boycottage des JO de Mexico ou de celui, effectif, contre l'Union Soviétique, en 1980.
Un boycottage de la cérémonie d'ouverture vous paraît-il une meilleure solution ?
Cela serait un compromis parfait. Imaginez le scénario : aucun athlète à la cérémonie d'ouverture, aucun levé de drapeau! Si 280nations refusaient de participer à la cérémonie d'ouverture, cela enverrait un message très clair au gouvernement chinois qui se demanderait peut-être enfin s'il ne vaudrait pas mieux reconsidérer la situation et entamer un dialogue avec le CIO et les gouvernements.
Si vous étiez athlète, aujourd'hui, et sélectionné pour Pékin, quelle serait votre attitude ?
Si j'étais athlète aujourd'hui, je saurais être imaginatif et ferais une déclaration pour dire que je n'approuve pas ce qui se passe. Lorsque vous faites ce type de déclaration publique, vous envoyez partout dans le monde un message de courage.
Pensez-vous qu'en 2008 les athlètes sont aussi engagés que vous l'étiez en 1968 ?
En 1968, les athlètes étaient beaucoup plus mûrs, plus engagés et plus informés. Je doute que les athlètes actuels soient aussi impliqués que ceux des années 1960. Aujourd'hui, ils s'intéressent davantage à ce qui brille et à la célébrité. Ils sont aveuglés par cette quête de gloire et d'argent et ignorent, pour la plupart, la réalité de la vie. De ce point de vue, les choses ont bien changé.
Propos recueillis par Stéphane Mandard
source/ lemonde.fr
00:48 Publié dans actus internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pekin, john, carlos, mexico, 1968, jeux olympiques, 2008
21.04.2008
La Martinique rend un hommage exceptionnel au rebelle césaire
"Bien sûr qu'il va mourir, le rebelle...": la poésie d'Aimé Césaire a retenti dimanche à Fort-de-France (Martinique) lors des obsèques nationales du père de la "négritude", en présence de milliers de Martiniquais.
Parmi les fleurs vertes et roses de balisier, les familles, souvent vêtues de blanc, étaient venues dire dans l'après-midi "Merci Aimé". "C'est le père assisté de ses enfants et petits-enfants", confiaient certains.

Pendant plus d'une heure, sous le soleil, les Martiniquais se sont retrouvés dans l'émotion, la gratitude et la ferveur, pour cet hommage exceptionnel dans le stade de Dillon, au centre duquel était exposé le cercueil. Un hommage national qui n'avait jusque-là été rendu qu'à trois écrivains, Victor Hugo, Paul Valéry et Colette.
Ce sont les "mots de sang frais" de l'auteur du "Cahier d'un retour au pays natal" qui ont résonné par les bouches de comédiens antillais et africains.
Une plaque de céramique portant le nom d'"Aimé Césaire (1913-2008)" et les mots "Liberté, identité, responsabilité, fraternité", avait été posée sur le fauteuil destiné au président de la République.
Des délégations officielles africaines et des Caraïbes avaient fait le voyage pour rendre un dernier hommage au poète rebelle.
"C'était le meilleur des fils de la Martinique", a lancé un des plus proches compagnons de Césaire, Pierre Aliker, 101 ans. Très ému, il a raconté le combat contre la colonisation et le racisme du député de l'île (1945-1993) et maire de Fort-de-France (1945-2001) pendant un demi-siècle.
Né en 1913 à Basse-Pointe, dans le nord de l'île, intellectuel brillant, Césaire a forgé dans les années 1930 avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, le concept de "négritude" - la conscience et la fierté d'être noir - et influencé plusieurs générations d'écrivains et de militants dans le monde.
La cérémonie s'est achevée dans l'émotion partagée de plusieurs milliers de personnes. Pendant près d'un quart d'heure, le public a applaudi le départ du cercueil, aux cris de "Béïa pour Césaire" (vive Césaire).
Un peu plus tard, le "nègre fondamental" devait retrouver sa terre au cimetière de la Joyaux.
Sur sa tombe, des mots choisis par "Aimé" lui-même, tirés de son "Calendrier lagunaire":
"La pression atmosphérique ou plutôt l'historique
Agrandit démesurément mes maux
Même si elle rend somptueux certains de mes mots".
source: AFP
03:19 Publié dans actus internationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aimé? césaire, hommage, martinique
19.04.2008
L'Afrique pleure Aimé Césaire, qui a magnifié la négritude du continent
L'Afrique pleure Aimé Césaire, poète antillais et chantre de la négritude décédé jeudi, considéré par de nombreux intellectuels comme un "éveilleur de conscience" qui a contribué à rendre sa "dignité" à l'Homme noir, notamment dans sa lutte contre le colonialisme.
Mais des voix s'élèvent aussi pour regretter qu'il n'ait pas été distingué par un prix Nobel ou, à l'instar du "poète-président" sénégalais Léopold Sedar Senghor, autre patriarche de la négritude, par une entrée à l'Académie française.
Aimé Césaire, disparu à l'âge de 94 ans, est "l'homme qui a éveillé à la conscience de l'identité noire non seulement les Noirs de la diaspora mais, nous, les Noirs d'Afrique", a indiqué à l'AFP Cheikh Hamidou Kane, auteur d'un des monuments de la littérature africaine "L'aventure ambiguë".
"Il a été aussi +éveilleur de conscience+ en ce qui concerne le débat sur le colonialisme", a-t-il précisé.
Mais "je regrette qu'il n'ait pas été honoré, consacré, salué comme il le méritait au plan international", notamment avec "un prix Nobel, de la paix ou de la littérature" ou encore "honoré" en devenant membre de l'Académie française.
Aimé Césaire "a contribué à rendre à l'Homme noir sa fierté, a consacré toute sa vie à combattre pour la dignité de l'Homme noir et de tous les peuples opprimés en général", a de son côté déclaré à l'AFP l'écrivain sénégalais Hamidou Dia, un ami du poète antillais.
"Il a toujours voulu rester debout, il s'est toujours réclamé de l'Afrique, de ses ancêtres bambara", l'ethnie majoritaire au Mali, a-t-il ajouté.
source : beninInfo.com
Pour le président sénégalais Abdoulaye Wade, "c'est une catastrophe non seulement pour la Martinique, les Caraïbes, la France mais particulièrement pour l'Afrique et le monde noir".
"Car c'est par Césaire que nous avions été conscients du colonialisme, nous le récitions par coeur", a-t-il indiqué jeudi soir à quelques journalistes dont l'AFP.
"Cet homme a consacré sa vie à la lutte pour le peuple noir, à la lutte pour l'indépendance de l'Afrique, pour la promotion des valeurs de la négritude", a ajouté le chef de l'Etat, âgé de 81 ans.
"J'ai connu Césaire étudiant à Paris. Il y avait un congrès des écrivains à la Sorbonne. J'étais étudiant en mathématiques", s'est souvenu le chef de l'Etat.
"Après mon exposé, je suis sorti, Césaire était là. Il m'a pris par la main et il m'a beaucoup encouragé. Nous avons parlé un peu, il a parlé de l'Afrique".
"Pour nous, étudiants anti-colonialistes, notre référence était Césaire. C'était un grand homme qui a marqué son époque", a-t-il souligné.
"C'est avec une vive émotion que j'ai appris le décès de Monsieur Aimé Césaire", a pour sa part écrit le président ivoirien Laurent Gbagbo dans un télégramme à son homologue français Nicolas Sarkozy, saluant "avec le plus profond respect la mémoire de l'illustre poète et du grand homme politique français".
"Pour l'Afrique, le monde noir, la francophonie et notre humanité, un phare vient de s'éteindre", a-t-il conclu.
source : beninInfo.com
20:20 Publié dans actus africaines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : L'Afrique pleure Aimé Césaire, négritude, decès, pantheon, deuil
18.04.2008
Le Bénin décrète un deuil de trois jours en mémoire d’Aimé Césaire
APA - Cotonou (Bénin) Le gouvernement béninois a décrété un deuil national de trois jours à compter du vendredi 18 avril pour rendre un hommage au poète martiniquais, Aimé Césaire, décédé jeudi matin à l’âge de 94 ans , a appris APA de source officielle.
Selon un communiqué du conseil extraordinaire publié jeudi soir à Cotonou, le peuple béninois à travers son gouvernement exprime sa grande compassion à la famille de l’illustre disparue et à tout le peuple Martiniquais.
"Durant les trois jours de deuil, tout le peuple béninois s’incline devant la mémoire du grand poète Aimé Césaire", indique la même source
Né le 26 juin 1913, à Basse Pointe en Martinique, Aimé Césaire a commencé par écrire en 1936 et s’est rendu célèbre avec des œuvres littéraires majeures comme, Cahier d’un retour au pays natal (Poésie 1939), La Tragédie du roi Christophe (théâtre 1963), publiés chez Présence Africaine.
Il s’est engagé en politique dans les rangs du Parti communiste français qu’il quittera en 1956 pour fonder deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM).
En 1945 il devient maire de Fort-de-France et député de la Martinique. Son Discours sur le colonialisme (1950) va montrer sous la forme du pamphlet toute son hostilité au colonialisme européen.
La politique, la poésie mais aussi le théâtre. Césaire est, également, dramaturge. Sa pensée se trouve au carrefour de trois influences: la philosophie des Lumières, le panafricanisme et le marxisme.
MT/of/APA 17-04-2008
22:57 Publié dans actus beninoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Le Bénin décrète un deuil de trois jours en mémoire d’Aimé Césai