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09.05.2008

8 Mai 1945 : L’Algérie commémore le 63e anniversaire des massacres de Sétif et Guelma

Soixante trois années après ces massacres, l'ancienne puissance coloniale n'a toujours pas reconnu les crimes commis en son nom durant cette période même si un début de reconnaissance a été esquissé par des officiels français qui ont qualifié ces évènements de «tragédie inexcusable».

La responsabilité de la France de ses crimes coloniaux a été soulignée récemment par l'ambassadeur français en Algérie, Bernard Bajolet, qui a qualifié de «massacres» les atrocités commises contre le peuple algérien durant les sombres journées de mai 1945, principalement à Sétif, à Guelma et à Kherrata et leurs régions limitrophes.

M. Bajolet, qui s'exprimait devant des étudiants à Guelma, a reconnu que qui a marqué pour le monde (à) la fin du régime nazi (à) , dans cette ville.


Ce disant, le diplomate français a, selon des observateurs, franchi un pas supplémentaire dans ce que des historiens contemporains ont appelé «la guerre des mémoires». Son prédécesseur, en poste en Algérie, M. Hubert Colin de la Verdière, avait, lui, en février 2005, à Sétif, qualifié ces massacres, de «tragédie inexcusable» pour le colonialisme français.


D'autre part, M. Bajolet a soutenu que ces journées «ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d'une tache indélébile», assurant que son pays «n'entend plus les occulter» et que «le temps de la dénégation est terminé».

Les journées de mai 1945 avaient vu s'abattre sur les populations algériennes sans défense une féroce campagne de terreur d'Etat. Des massacres à grande échelle auxquels prirent part la marine et l'aviation française, avec des moyens lourds, avaient fait des dizaines de milliers de victimes qu'aucune comptabilité n'arrivera à dénombrer avec exactitude, même si la mémoire nationale a retenu le nombre symbolique de 45.000 morts.


Un nombre inconnu de corps de victimes innocentes de tout âge étaient jetés dans les fours à chaux près de Guelma, alors que des milliers d'autres étaient balancés dans des oueds et depuis des ravins pour être ensevelis incognito.


En réaction à la déclaration de l'ambassadeur français, la Fondation du 8-Mai 1945 a noté dans ses propos un «pas supplémentaire» qui est «franchi par l'Etat français dans la reconnaissance des crimes commis en son nom durant la période coloniale». C'est «une tentative d'assainir, par l'apaisement des esprits, les relations bilatérales qui nouent les deux pays et qui tendent avantageusement à les améliorer».


Pour sa part, l'historien français Benjamin Stora a estimé que «la France reconnaissait officiellement et pour la première fois sa responsabilité», arguant que «non seulement l'ambassadeur a qualifié les faits, en parlant de massacres, mais il a reconnu la très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière (ayant fait) des milliers de victimes innocentes».


Cette relative «évolution» dans la «décolonisation de l'histoire», à l'actif de l'ancien occupant, est cependant reléguée au second plan par cette nouvelle loi sur les archives privées relatives à la période coloniale, votée récemment par le Parlement français qui a prorogée de plusieurs décennies leur ouverture au public.

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