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19.07.2008
CHINE-JO • Les Noirs interdits de bistrot à Pékin
A quelques semaines du lancement de la grand-messe olympique, la lutte contre les "fauteurs de troubles" potentiels s'amplifie. A Pékin, des propriétaires de bars viennent de recevoir l'ordre de ne plus servir les Noirs.
En contradiction avec le slogan officiel des Jeux – One World, One Dream –, les autorités chinoises préparent secrètement l'interdiction d'entrée dans les bars de la capitale aux Noirs et aux autres populations "socialement indésirables".
Les propriétaires de bars situés dans le centre de Pékin ont déclaré au quotidien South China Morning Post qu'ils avaient dû, sous la contrainte du Bureau de la sécurité publique, signer un document dans lequel ils promettaient de ne pas laisser entrer les Noirs dans leurs établissements.
"Des responsables du Bureau de la sécurité publique sont venus ces jours-ci, en civil, pour me demander de ne pas servir les Noirs et les Mongols", a déclaré au journaliste du South China Morning Post le copropriétaire d'un bar au style occidental qui a souhaité conserver l'anonymat. Selon les propriétaires de ce bar, les autorités de la capitale sévissent contre les Noirs et les Mongols afin de réprimer le trafic de drogue et la prostitution à la veille des Jeux.
Quelques mois auparavant, la police pékinoise avait lancé une opération d'envergure contre les Noirs, habitués des bars du district de Sanlitun, le quartier des expatriés de Pékin où se concentrent les bars occidentaux.
Le document qu'ont dû signer les tenanciers de bars de Sanlitun ne se limitait pas à l'interdiction de servir les Noirs ; ils devaient également promettre de suspendre, le temps des Jeux, certaines activités telles que la danse ou les concerts. Ils ont pu conserver des copies de ce document, à l'exception des pages concernant l'interdiction de servir les Noirs. Les autorités se méfieraient des accusations de racisme que pourrait déclencher la révélation de telles mesures.
Au cours des dernières décennies, la présence de Noirs dans les grandes villes du pays a suscité des réactions violentes de la part des Chinois. Régulièrement, des manifestations réunissant des centaines de milliers de personnes sont organisées pour protester contre la présence des étudiants africains. On reproche à ces derniers de sortir avec de jeunes Chinoises.
"Le gouvernement local tente de contrôler tous les aspects de ce que vont vivre les étrangers pendant les Jeux", a déclaré au South China Morning Post David Mitchell, un musicien de jazz résidant à Pékin, pour qui il devient de plus en plus difficile de trouver des lieux de concert dans la capitale. "Tout vise à créer l'impression d'une stabilité sociale, mais ils ne comprennent pas que cette impression de stabilité est précisément le préjugé, d'ailleurs infondé, que les étrangers ont sur la société chinoise, celui d'une société totalement contrôlée et qui n'a pas vraiment de vie culturelle".
Céline Allemand
14:05 Publié dans actus internationales | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jo, pekin, noirs, bistrots, interdit
13.07.2008
Décès de Rose Dieng-Kuntz, chercheuse à l’Inria et spécialiste en intelligence artificielle
Spécialiste en intelligence artificielle, âgée de 52 ans, Rose Dieng-Kuntz, s’est éteinte le 30 juin dernier. Originaire du Sénégal, élève brillante du lycée Van Vollenhoven de Dakar, elle avait obtenu le 1er prix en mathématiques, en français et en latin au concours général sénégalais 1972, le 2ème prix en grec, et un baccalauréat scientifique avec mention très bien et les félicitations du jury.
Elle était devenue première femme africaine diplômée de l’école polytechnique où elle était entrée 1976, elle était aussi ingénieur de Télécom Paris, d'un DEA en intelligence artificielle et d'un doctorat sur la spécification du parallélisme. Elle avait commencé sa carrière au sein de la société Digital Equipment avant de rejoindre l’Inria (Institut national de Recherche en Informatique et en Automatique) en 1985 où elle était devenue directrice de recherche.
Ces dernières années, ces recherches portaient sur la gestion des connaissances et le web "sémantique". Interrogée par le Monde Informatique en 2006, elle avait déclaré que l’invention du web était l’invention high tech la plus importante des 25 dernières années car il avait permis l’adoption d’internet par le grand public, la diffusion des connaissances vers les particuliers et facilité les échanges à l’intérieur des entreprises et entre elles.
En 2005, Rose Dieng-Kuntz avait été désignée femme scientifique de l’année en France, en recevant le prix Irène Joliot-Curie récompensant des femmes scientifiques exceptionnelles. Puis en 2006, elle avait été faite chevalier de l’ordre national de la légion d’honneur.
Valérie Pecresse, ministre de l’enseignement supérieur a exprimé sa tristesse dans un communiqué et rendu hommage à Rose Dieng : "elle travaillait pour nous tous avec l'audace et la conscience de la scientifique exceptionnelle qu'elle était. La France et la science viennent de perdre un esprit visionnaire et un talent immense".
Dans un reportage réalisé à son sujet en 2005, Rose Dieng-Kuntz déclarait que du fait qu'elle ait remporté le concours général, il y avait énormément d'attente autour d'elle au Sénégal lorsqu'elle est arrivé en classe préparatoire en France : "quelque part, il y avait tout un peuple qui attendait que je sois digne de lui". Elle ajoutait aussi "qu'être femme, africaine, scientifique pouvait dans un certain contexte être difficile, mais donnait envie de se battre car on est un symbole".
Que la terre des ancêtres lui soit légère
Vous pouvez voir ci-dessous un reportage réalisé au sujet de Rose Dieng-Kuntz en 2005 par le ministère de l'enseignement supérieur et la fondation EADS pour la recherche.
Voir les témoignages au sujet de Rose Dieng http://www-sop.inria.fr/temoignages/Rose.Dieng/index.php/Accueil
Voir un article de l’Inria au sujet de Rose Dieng http://www.sophianet.com/internet_ntic/wtm_article48071.fr.htm
16:00 Publié dans actus africaines | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Les travailleurs béninois dans les rues pour des mesures sociales contre la flambée des prix
Cotonou(Bénin) Des milliers de travailleurs béninois, tant du secteur public que privé, ont marché ce jeudi matin à travers les rues de Cotonou, pour exiger du gouvernement du président Yayi Boni, la prise de mesures sociales contre la flambée des prix des produits de première nécessité.
Partis de la Bourse du Travail pour le ministère béninois de la fonction publique et du Travail, soit un parcours de plus cinq kilomètres, les manifestants ont chanté et scandé des slogans hostiles au gouvernement du président Yayi Boni.
« Yayi Boni, nous voulons des mesures sociales contre la flambée des prix des produits de grandes consommations » ; « Nous disons non à la cherté de la vie au Bénin » ; « Nos salaires sont trop infimes devant les prix des produits de première nécessité » , ont-ils crié sans cesse tout au long de leur parcours.
Ainsi, dans une motion de protestation, lue au ministre béninois de la fonction publique et du Travail, Emmanuel Tiando, le porte parole des manifestants, Georges Glèlè, a dénoncé et condamné « la hausse exponentielle des prix», notamment des produits pétroliers et du ciment.
« Le gouvernement béninois a décidé le 30 juin dernier, d’augmenter les prix des produits de premières nécessité, notamment du ciment et des produits pétroliers », a-t-il rappelé.
Ainsi, avec cette nouvelle augmentation des prix des produits de premières nécessités, le prix de la tonne du ciment passe de 69 000 francs CFA à 80 000 francs CFA.
De même, a-t-il révélé, les prix des produits pétroliers, notamment l’essence coûte désormais 500 francs CFA le litre au lieu de 475 francs CFA ; le Gasoil à 480 francs CFA au lieu de 430 francs CFA ; le Mélange à 585 francs CFA contre 560 francs CFA et le Gaz domestique à 480 fcfa le Kilogramme contre 420 FCFA.
Le prix litre du pétrole lampant (350 FCFA) reste inchangé.
« Face à cette situation, le gouvernement du président Yayi Boni, s’est refusé de prendre des mesures idoines pour la sauvegarde du pouvoir d’achat des travailleurs érodé par cette hausse continuelle des prix des produits de première nécessité », a-t-il déclaré.
A cet effet, a-t-il indiqué, les Centrales et confédérations des travailleurs du Bénin, exigent du pouvoir en place, la hiérarchisation des salaires des travailleurs des secteurs privés et parapublic ; le relèvement du SMIG à hauteur de 25 pour cent dans les secteurs d’activités du pays.
Les manifestants demandent également, le relèvement du point d’indice à hauteur de 25 pour cent dans la fonction publique, la suppression de la TVA sur les factures d’électricité et d’eau et la réduction du train de vie de l’Etat.
En répondant à la doléance des travailleurs béninois, le ministre Emmanuel Tiando, a laissé entendre les préoccupations de l’équipe gouvernementale face à cette situation « difficile » que traverse l’ensemble de la population béninoise.
« Le gouvernement du président Yayi Boni ne peut pas rester insensible face à vos doléances. A cet effet, les secrétaires généraux des différentes confédérations et centrales syndicales vont se retrouver avec les membres du gouvernement dans les tous prochains jours autour de la table des négociations pour discuter des problèmes des travailleurs béninois », a-t-il annoncé.
MT/aft/APA 10-07-2008
15:52 Publié dans actus beninoises | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Les travailleurs béninois dans les rues pour des mesures sociale
02.07.2008
Zimbabwe : "l'Occident peut aller se faire pendre" selon un proche de Mugabe
Ils peuvent aller se faire pendre un millier de fois. Ils n’ont aucune base pour donner leur avis sur la politique au Zimbabwe" a déclaré George Charamba, le porte-parole de Robert Mugabe, lequel a été fraîchement réintronisé à la tête du pays dimanche dernier. Le secrétaire général des Nations-Unies, Ban-Ki Moon, prônait lui une solution négociée, comme celle qu’avait trouvé Kofi Annan lors de la crise kenyane : "Les zimbabwéens devraient pouvoir bénéficier d’une liberté authentique" afin de "pouvoir choisir leurs dirigeants sans être intimidés" a-t-il dit ajoutant qu’il n’épargnerait pas ses efforts pour trouver une solution.
Quelques rares dirigeants africains avaient avant la conférence de l’Union Africaine à Charm El Cheikh demandé des sanctions sévères à l’encontre de Mugabe. Raila Odinga, le premier ministre kenyan, avait ainsi demandé que Mugabe soit exclu de l’Union Africaine jusqu’à ce qu’il permette la tenue d’une élection "libre et équitable".
George Charamba a minimisé les critiques d’Odinga en disant de ce dernier qu’il "avait les mains couvertes de sang africain (...) et que ce sang ne disparaîtrait pas quelque soit le niveau des abus qui se produisent au Zimbabwe". Selon Charamba, le droit de Mugabe d’être président provient du "peuple zimbabwéen qui s’est exprimé lors de cette élection de juin" (...) "Tout autre chose n’a pas de valeur matérielle et nous n’y prêterons pas attention".
Dans un contexte de médiations entreprises par l’Afrique du Sud, Charamba a néanmoins affirmé qu’il y avait "deux partis prêts à discuter" au Zimbabwe. "Nous parlons d’un parti au pouvoir qui a offert le dialogue à l’opposition" a-t-il ajouté.
Pendant ce temps, Washington a annoncé lundi qu’elle préparait un projet de sanctions contre le Zimbabwe et a incité l’Union Africaine à suivre ses propres observateurs qui avaient constaté au Zimbabwe que l’élection ne présentait pas les conditions pour un scrutin équitable. Mais les présidents africains, qui sont pour la plupart dans l’incapacité de donner des leçons au Zimbabwe, n’étant pas eux même des modèles de vertu en ce qui concerne l’exercice du pouvoir, ont prôné la formation d'un gouvernement "d'union nationale" sous l'égide de négociations menées par la SADC (Communauté des Etats d'Afrique Australe). Certains ont néanmoins apporté leur soutien au vieux Bob.
Omar Bongo (41 ans à la tête du Gabon !) a ainsi fait savoir : "il (Mugabe) a été élu, a prêté serment, et il est ici avec nous, donc il est président et nous ne pouvons pas lui demander plus. Il a organisé des élections et je pense qu’il a gagné". Le président gabonais a ajouté que les dirigeants africains ne laisseraient pas les gouvernements occidentaux leur dicter l'attitude à avoir au sujet du Zimbabwe : "Nous avons même reçu Mugabe comme un héros. Nous comprenons les attaques contre lui, mais ce n’est pas la façon dont ils (les occidentaux) devraient agir. Ce qu’ils ont fait est, selon nous, un peu maladroit et nous pensons qu’ils auraient pu nous consulter avant".
22:29 Publié dans actus africaines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note